Anduze : un chauffard ivre condamné, les témoins ont cru à un attentat
Anduze : un chauffard ivre condamné, les témoins ont cru à un attentat

Le tribunal correctionnel d’Alès a condamné, lundi 7 septembre, Kévin Boussiquot, 36 ans, à 30 mois d’emprisonnement, dont 12 avec sursis probatoire renforcé, pour un périple en voiture en état d’ivresse dans les ruelles d’Anduze, le soir du 31 août. Les témoins ont d’abord cru à un attentat, a rapporté la représentante du ministère public lors de l’audience.

Un parcours criminel marqué par un meurtre en 2012

Kévin Boussiquot, domicilié à Saint-Jean-du-Gard, a été reconnu par certains témoins en raison de son passé judiciaire. Il avait été condamné par la cour d’assises du Gard, début avril 2016, à quinze années de réclusion criminelle pour le meurtre à l’arme blanche d’un trentenaire, à Sauve, en 2012, lors de la soirée d’anniversaire de la victime. Il avait été libéré le 10 janvier 2025.

Son casier judiciaire compte huit condamnations. Lors de son procès, il a déclaré à propos d’Anduze : « J’étais mal vu dans ce village ; je n’aurais jamais dû revenir… »

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Une soirée d’ivresse et de chaos dans le centre-ville

Le soir du 31 août, en état d’ivresse, il a conduit dans le centre d’Anduze, roulant vite, heurtant les murs des bâtiments, percutant la devanture d’un commerçant, insultant et menaçant de mort, frôlant les tables de terrasses de cafés et manquant de renverser des passants. Il a effectué plusieurs fois le même trajet, malgré les tentatives de témoins pour l’arrêter, dont l’un a jeté un pot de fleurs en direction de sa voiture.

« Les personnes présentes ont cru avoir affaire à un attentat. À un "Nice 2" ! », a indiqué la représentante du ministère public. Le trentenaire s’est finalement rendu de lui-même à la gendarmerie d’Anduze ce soir-là.

La défense plaide la panique et la réinsertion

Devant ses juges, Kévin Boussiquot a expliqué avoir ramené un ami chez lui, puis être revenu à Anduze pour s’expliquer avec une personne avec qui il a un contentieux. Il a affirmé avoir vu plusieurs individus arriver en courant avec des barres, dégrader sa voiture et le gazer à la lacrymogène, avant de prendre la fuite. « J’étais paniqué. J’avais peur. J’ai fait plusieurs allers-retours. Je ne savais pas quoi faire. Puis, j’ai réfléchi ; je suis allé à la gendarmerie », a-t-il argumenté, ajoutant : « Les personnes qui étaient là, je comprends qu’elles aient eu peur. J’en suis désolé. »

La présidente de l’audience, Sofia Aigues, s’est étonnée qu’il ait multiplié les allers-retours au lieu de quitter la ville, et lui a rappelé que des témoins disent qu’il s’en prenait à tout le monde. « Je ne savais plus qui était qui, Madame ! », a-t-il répondu. « Chaque fois que j’ai des problèmes, c’est avec l’alcool. Je reconnais les faits. Je m’en veux terriblement. J’ai fait n’importe quoi. »

Son avocat, Me Joris Numa, a évoqué sa réinsertion : « En moins de deux ans, c’est pas mal », soulignant qu’il a un logement, un emploi et une compagne. Il a plaidé une relaxe pour certaines infractions et proposé une « peine d’accompagnement » avec une partie ferme aménageable.

Le verdict : 30 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire

Le parquet avait requis trois ans de prison, dont un avec sursis probatoire renforcé, un maintien en détention et l’annulation du permis de conduire, soulignant que ses agissements « auraient pu avoir des conséquences gravissimes ». Kévin Boussiquot, incarcéré depuis le 3 septembre, a été déclaré coupable de tous les faits reprochés. Le tribunal l’a condamné à 30 mois d’emprisonnement, dont 12 avec sursis probatoire renforcé, avec maintien en détention pour la partie ferme de 18 mois.

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