Depuis son arrivée en 2020 dans un appartement du quartier des Cévennes à Alès, Aïcha vit un véritable calvaire. Son balcon est envahi par un nid de pigeons, avec des excréments partout et même deux cadavres d'oiseaux. Les problèmes d'humidité et d'aération laissent des traces noires sur les murs. Malgré ses multiples signalements au bailleur, Les Logis cévenols, elle n'obtient aucune solution durable.
Des nuisances insoutenables au quotidien
Le parterre du balcon est infesté d'excréments d'oiseaux, une vue qu'Aïcha découvre chaque jour depuis sa porte-fenêtre. Les odeurs sont insupportables, et sa fille ne peut même pas inviter des amies à la maison. "Ma fille ne peut même pas recevoir de copines !" s'exclame-t-elle, désespérée.
En avril 2025, des agents des Logis cévenols ont nettoyé le balcon, mais le nid de pigeons n'a pas été retiré, et les nuisances ont rapidement repris. Une voisine, confrontée à des difficultés similaires, signale également que la porte d'entrée de l'immeuble est cassée depuis plus de trois mois, ce qui crée un sentiment d'insécurité. "Je suis allée leur dire au moins cinq fois !" déplore-t-elle.
Un bailleur qui se défausse sur les locataires
Jean-François Didon-Lescot, président de l'association Consommation logement cadre de vie (CLCV) du Gard, dénonce une pratique récurrente : "C'est assez une habitude chez Logis cévenols d'attribuer systématiquement les fautes aux locataires, ce que nous sommes amenés à dénoncer." Il nuance toutefois : "D'une façon générale, nous sommes en bons termes."
Le bailleur se contente de répondre que le problème est "locatif", ce qui renvoie la responsabilité au locataire. Pourtant, la loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur de fournir un logement décent, ne présentant pas de risques pour la santé ou la sécurité, et exempt de nuisibles. L'Association départementale d'information sur le logement (Adil) confirme cette obligation.
Des responsabilités partagées, mais un logement indigne
Une source proche du dossier précise que la présence de fientes ou de cadavres de pigeons ne suffit pas à qualifier un logement d'insalubre. L'entretien courant du balcon, l'effarouchement des oiseaux et l'enlèvement des cadavres relèveraient du locataire. Cependant, le bailleur a une obligation de résultat pour garantir la sécurité et la santé des locataires, comme le souligne Jean-François Didon-Lescot.
Anne-Lyse Messager, ancienne représentante des locataires des Logis cévenols à la CLCV, témoigne : "Il y a beaucoup d'appartements en mauvais état aux Logis cévenols." Elle se souvient de l'arrivée d'Aïcha en janvier 2020 : "L'appartement n'était pas propre, personne ne le voulait. Madame y a passé une semaine sans chauffage, il n'y avait pas de lit pour ses enfants..."
Une locataire à bout de forces
Aïcha, 38 ans, a accepté ce logement par défaut, après avoir fui un mari violent. "J'étais à la rue." Aujourd'hui, elle lance un cri d'alerte : "Comment voulez-vous que les femmes se reconstruisent si elles doivent se battre avec les institutions ?"
Les Logis cévenols, sollicités par Midi Libre, n'ont pas souhaité répondre. Le bailleur a même déposé plainte contre la locataire et son conjoint, selon un courrier envoyé le 22 juillet. Une situation qui semble sans issue pour cette mère de famille, qui continue de vivre dans des conditions indignes.



