Le 3 juin 2026, le visage de Jérôme Barella s'affiche sur tous les écrans après la disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers. Rémi Rodriguez, gérant du club de taekwondo d'Auch, vacille en reconnaissant son élève. Quelques jours plus tard, Audrey*, mère de Rosa, dénonce l'inaction de la justice après le dépôt d'une plainte pour viols contre le même homme sur sa fille de 10 ans. « La petite Rosa était mon élève, je connais bien sa mère », confie Rémi Rodriguez. « J'étais horrifié, scandalisé, j'ai culpabilisé, ça a été extrêmement compliqué à gérer. »
Le corps de Lyhanna retrouvé, une cascade d'accusations
Entre-temps, le corps de Lyhanna est retrouvé à Puycasquier. La procureure d'Auch énumère, blême, l'insoutenable litanie des signalements et plaintes pour violences sexuelles sur mineurs dont Jérôme Barella, 41 ans, faisait déjà l'objet. Puis, les accusations de viols visant son frère aîné Yannick, 44 ans, par deux anciennes compagnes sont révélées. Enfin, on apprend celles visant Joël, 71 ans, le père, pour violences sexuelles, par deux petites-filles par alliance. Au total, une dizaine de signalements et plaintes ont été déposés contre ces trois hommes. Cette cascade d'accusations dresse un tableau sombre d'une famille dont l'histoire et le fonctionnement restent mystérieux. « Encore une famille incestuelle qui est passée entre les mailles du filet de la justice », tempête Myriam Guedj Benayoun, avocate de Léa*, 12 ans, une des fillettes qui accusent Jérôme Barella d'agressions sexuelles.
L'autopsie révèle des viols sur Lyhanna
Les résultats de l'autopsie révèlent que Lyhanna, 11 ans, a elle aussi été victime de viols. Alors que les résultats des inspections sur les dysfonctionnements dans le traitement de ces plaintes sont attendus lundi 22 juin, plongée dans une famille au cœur d'un fiasco judiciaire. « L'air gentil, un peu benêt », c'est ainsi que Rémi Rodriguez décrit Jérôme Barella, qui avait rejoint son club de taekwondo en septembre 2023 avec ses deux filles de 4 et 9 ans.
Un profil trompeur
Jérôme Barella, intérimaire de 38 ans aux courts cheveux bruns et fines lunettes, paraissait inoffensif. Mais derrière cette apparence se cachait un prédateur présumé. Les plaintes s'accumulent, révélant un schéma de violences sexuelles qui semble s'être transmis de père en fils. Le père, Joël, 71 ans, est accusé de violences sexuelles par deux petites-filles par alliance. Yannick, 44 ans, est visé par deux anciennes compagnes pour viols. Jérôme, 41 ans, est le principal suspect du meurtre de Lyhanna et déjà sous le coup de multiples plaintes pour violences sexuelles sur mineurs.
Un fiasco judiciaire
L'affaire met en lumière les défaillances de la justice dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles. Malgré les signalements, Jérôme Barella n'avait pas été inquiété avant le meurtre de Lyhanna. Les inspections en cours devraient déterminer les responsabilités. Pour les avocats des parties civiles, c'est un énième exemple de l'incapacité du système à protéger les enfants. « Ces violences étaient connues, mais rien n'a été fait », déplore Myriam Guedj Benayoun.
Une famille sous les projecteurs
La famille Barella, originaire du Gers, est désormais au centre de l'attention médiatique et judiciaire. Les enquêtes se poursuivent pour faire la lumière sur ces accusations et comprendre comment de tels actes ont pu se répéter sur plusieurs générations. La société civile s'interroge sur les signaux qui ont été ignorés et sur les moyens de prévenir de telles tragédies.



