Le docteur Pascal Delaunay, entomologiste médical, parasitologue et mycologue au CHU de Nice, estime qu'« il va falloir apprendre à vivre avec » les virus Zika, la dengue et le chikungunya, transmis par le moustique tigre. Cette déclaration fait suite à la publication d'une étude de l'IRD prévoyant que 70 % de l'Hexagone pourrait être touché par cet insecte d'ici 2085.
Une année calme contrastant avec 2025
Interrogé sur une éventuelle recrudescence des cas dans ses services, le docteur Delaunay observe que « cette année, c'est très calme comparé à l'année dernière où nous observions un grand nombre de contaminations au chikungunya dues aux personnes ayant voyagé dans l'océan indien, notamment à La Réunion où il y avait une épidémie ». Il précise que cette épidémie est close depuis fin 2025. Il attribue ce calme relatif à la sécheresse qui s'abat sur le territoire, réduisant les points d'eau propices à la ponte.
Une expansion prévisible
Concernant l'étude de l'IRD, le spécialiste ne se dit pas surpris : « Le moustique tigre, arrivé en France en 2004, s'étend progressivement. Que 70 % de l'Hexagone soit touchés n'est pas étonnant en soi. Il a déjà une forte présence dans le Sud, dans les endroits où il fait chaud. »
Transmission et symptômes
Le docteur Delaunay rappelle que pour qu'il y ait transmission, le moustique doit piquer une personne contaminée présente sur le territoire, mais ayant voyagé, car « pour l'heure, peu de cas autochtones sont observés ». Il ajoute que « vraisemblablement, l'augmentation de la population de moustiques tigres peut engendrer une augmentation des contaminations ».
Sur les symptômes, il indique que pour la dengue et le zika, 80 % des patients sont asymptomatiques, tandis que pour le chikungunya, 90 % des gens sont symptomatiques, avec de fortes fièvres et des douleurs musculaires. Il souligne que « notre corps a davantage de mal à lutter contre ce virus », et que « après trois à cinq, les troubles articulaires peuvent être encore présents, parfois invalidants ». Ces virus ne sont que rarement mortels, sauf en cas de comorbidité.
Des solutions à l'étude
Le docteur Delaunay mentionne que « de nombreuses recherches et solutions existent pour enrayer ce phénomène », citant notamment le lâcher de mâles rendus stériles pour limiter la prolifération du moustique tigre.



