Le moustique tigre (Aedes albopictus), originaire d'Asie du Sud-Est, est arrivé en France en 2004 par les Alpes-Maritimes, entre Nice et Menton. Depuis, il a colonisé 81 départements du pays, selon les données officielles.
Une espèce invasive venue d'Inde
Décrit pour la première fois à Calcutta, en Inde, en 1894, le moustique tigre est l'une des dix espèces les plus invasives au monde. Présent dans plus de 100 pays et sur tous les continents sauf l'Antarctique, il a d'abord été installé dans l'océan Indien, puis a gagné l'Europe via l'Albanie, avant de s'implanter en Italie au début des années 2000, puis en France en 2004.
En 1999, une présence isolée avait été relevée dans la Vienne, le Val-d'Oise, la Seine-et-Marne et l'Orne, mais il s'agissait alors d'un « séjour » et non d'une implantation durable.
Premiers cas de dengue et de chikungunya
En septembre 2010, le ministère de la Santé annonce à Nice le premier cas de dengue en France métropolitaine. Il s'agit d'un cas isolé, le patient ayant guéri. Par la suite, deux cas autochtones de chikungunya (sans voyage en zone tropicale) ont été détectés dans le Var.
Ces cas marquent le début de la transmission locale de maladies vectorielles par le moustique tigre dans le sud de la France.
Les pneus usagés et le climat en cause
L'introduction du moustique tigre en France serait due à des cargaisons de pneus usagés en provenance d'Asie, comme cela s'est produit aux États-Unis. Les femelles moustiques pondent leurs œufs dans l'eau stagnante des pneus, et ces œufs, résistants au froid comme aux fortes chaleurs, voyagent ainsi sur de longues distances.
Une étude publiée le 10 août par des chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), du Cirad et de l'Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics démontre qu'au-delà de la mondialisation des échanges, le réchauffement climatique joue également un rôle clé dans l'expansion d'Aedes albopictus.
Cette expansion, qui touche désormais la majeure partie du territoire français, pose des défis sanitaires croissants pour les autorités, qui doivent surveiller et limiter la propagation du moustique et des maladies qu'il peut transmettre.



