Incendies volontaires dans le Var : qui sont les incendiaires ?
Incendies volontaires dans le Var : qui sont les incendiaires ?

Les incendies volontaires représentent 30 % des départs de feu d'origine humaine, selon les recherches de cause des incendies. Dans le Var, plusieurs sinistres récents ont été attribués à des actes de malveillance, poussant les autorités à renforcer les mesures préventives. Deux psychocriminologues, Sandrine Wattecamps et Florent Gathérias, livrent leur analyse sur le profil des incendiaires.

Un phénomène en hausse dans le Var

Depuis le début de la saison, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé l'interpellation de 402 personnes, dont 156 mineurs, et 36 placements en détention. Dans le Var, 13 enquêtes ont été ouvertes sur 24 départs de feu au 4 août. Parmi les interpellations, un homme de 23 ans a avoué avoir allumé la reprise du feu du Gros Bessillon à Correns, qui a ravagé près de 6 500 hectares en dix-huit jours.

Le préfet du Var, Simon Babre, a pris un arrêté interdisant l'achat et la vente au détail de carburant, ainsi que la possession hors du domicile et le transport de briquets de type allume-gaz, après que six départs dus à une intervention humaine ont été recensés depuis le 24 juillet.

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Pyromane ou incendiaire : des profils distincts

Sandrine Wattecamps, enquêtrice privée spécialisée en victimologie et criminologie, rappelle la distinction entre pyromane et incendiaire : « Le seul trait commun entre ces deux profils, c'est que ce sont très majoritairement des hommes. » Florent Gathérias, psychocriminologue et expert judiciaire, ajoute que les pyromanes sont souvent jeunes, isolés, avec des capacités cognitives limitées, et relèvent de la pathologie mentale.

Les incendiaires, eux, agissent avec un mobile : vengeance, fraude à l'assurance, ou dissimulation d'un autre méfait. Leur âge peut varier selon la motivation, et certains jeunes, en quête de défier la société, commettent des actes de vandalisme pur par ennui.

La puissance du feu et la prévention

Pour les deux experts, le feu symbolise la puissance : « L'incendiaire s'approprie la puissance du feu, il en retire comme une force virile », explique Florent Gathérias. Certains peuvent même jouir de la situation et de l'intervention des secours, ce qui augmente le risque de récidive, surtout sous l'influence de la médiatisation.

En matière de prévention, Florent Gathérias insiste : « La répression est indispensable, mais il faut aussi faire de la prévention, améliorer les dispositifs d'accompagnement de la jeunesse et la pousser à s'engager. » Sandrine Wattecamps déplore un manque de suivi de ces personnalités, limitant la capacité à évaluer leur dangerosité future.

Les incendies volontaires sont des crimes passibles de 15 ans de réclusion, voire la perpétuité en cas de mort ou de blessure. Les incendies involontaires, eux, peuvent être punis de dix ans de prison s'ils entraînent un décès, comme le rappelle le parquet de Draguignan.

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