Le procès de Christophe B., 54 ans, s'est ouvert lundi 18 juillet à la cour d'assises de Paris. Cet ancien ouvrier et chasseur est accusé d'avoir violé et agressé sexuellement plusieurs femmes lors de soirées libertines organisées entre 2014 et 2016 en région parisienne. Les faits, qualifiés de violences extraordinaires, contrastent avec le profil ordinaire de l'accusé.
Un profil sans antécédents judiciaires
Christophe B. est décrit par son entourage comme un homme discret, sans histoire. Ancien ouvrier dans une entreprise de métallurgie, il était également chasseur, une activité qu'il pratiquait régulièrement. Il n'avait aucun antécédent judiciaire avant cette affaire. Selon son avocat, Me Jean-Pierre Dubois, « Christophe B. est un homme ordinaire, qui a toujours mené une vie rangée. Il conteste fermement les accusations portées contre lui. »
L'accusation, elle, dresse un tout autre portrait. Les victimes, au nombre de sept, racontent des violences sexuelles commises sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue, lors de soirées libertines où elles se trouvaient en état de vulnérabilité. L'une d'elles, Sarah (prénom modifié), témoigne : « Je me suis réveillée en pleine nuit, il était sur moi. Je n'ai pas pu réagir. »
Des soirées libertines sous surveillance
Les faits se sont déroulés dans des clubs libertins de la région parisienne. Christophe B. y rencontrait des femmes, souvent seules, et leur proposait de boire un verre. Selon l'enquête, il aurait ensuite profité de leur état pour commettre les violences. Les enquêteurs ont retrouvé des traces de GHB, la « drogue du violeur », dans les analyses toxicologiques de plusieurs victimes. Au total, 15 femmes ont porté plainte, mais seules sept ont été retenues par le parquet.
L'affaire a été révélée en 2017, après le signalement d'une victime à la police. Les investigations ont alors mis au jour un système bien rodé : Christophe B. utilisait des pseudonymes sur des sites libertins et changeait régulièrement de téléphone pour éviter d'être identifié. Selon le procureur, « il s'agit d'un prédateur qui a agi avec méthode et préméditation. »
Un procès sous haute tension
Le procès, qui doit durer trois semaines, est suivi de près par les associations féministes. Plusieurs dizaines de militantes se sont rassemblées lundi devant le palais de justice pour soutenir les victimes. « Ces femmes ont eu le courage de parler, il faut les croire et les protéger », a déclaré une porte-parole de l'association Osez le féminisme. L'accusé encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.
Christophe B., lui, nie en bloc. Il reconnaît avoir participé à des soirées libertines, mais affirme que les relations étaient consenties. « Je n'ai jamais forcé personne », a-t-il déclaré aux enquêteurs. Son avocat plaide pour une relaxe, estimant que les preuves sont insuffisantes. Le verdict est attendu pour le 5 août.



