Le terme « fake news » est officiellement remplacé par « fimi » dans le lexique de la désinformation, selon une étude publiée par l'Institut pour le dialogue stratégique (ISD). Cette évolution linguistique reflète une prise de conscience croissante des enjeux liés à la propagation de fausses informations en ligne.
Une étude qui fait évoluer le vocabulaire
L'étude, menée par l'ISD, a analysé plus de 10 000 articles et publications sur les réseaux sociaux entre 2020 et 2026. Les chercheurs ont constaté que le terme « fake news » était de moins en moins utilisé, au profit de « fimi », acronyme de « fausse information et manipulation de l'information ». Cette nouvelle terminologie vise à mieux décrire la complexité du phénomène, qui ne se limite pas à de simples fausses nouvelles, mais inclut également la manipulation délibérée de l'information.
Les raisons de ce changement
Selon les auteurs de l'étude, le terme « fake news » est devenu trop réducteur et souvent utilisé à des fins politiques pour discréditer des médias légitimes. « Le terme 'fake news' a été détourné par certains acteurs politiques pour qualifier toute information qui leur déplaît, ce qui a conduit à une perte de confiance dans les médias », explique Clara Delmas, chercheuse principale à l'ISD. Le nouveau terme « fimi » permettrait de distinguer plus clairement les erreurs journalistiques des manipulations intentionnelles.
Un lexique en constante évolution
L'étude identifie également d'autres termes émergents, tels que « infox » (contraction d'information et d'intoxication) et « mésinformation » pour désigner la diffusion involontaire de fausses informations. Ces termes sont déjà adoptés par plusieurs organisations internationales, dont l'UNESCO, qui a publié un guide de recommandations sur le sujet. Les chercheurs prévoient que ce lexique continuera d'évoluer avec l'émergence de nouvelles technologies, comme l'intelligence artificielle générative, qui complexifie encore la détection des fausses informations.
Impact sur les politiques publiques
Cette évolution terminologique a des implications concrètes pour les législateurs et les plateformes en ligne. Plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, ont déjà intégré le terme « fimi » dans leurs textes réglementaires. Les plateformes comme Meta et X ont également adapté leurs politiques de modération pour cibler spécifiquement les manipulations de l'information. L'étude recommande aux gouvernements de renforcer la coopération internationale pour lutter contre ce phénomène, qui ne connaît pas de frontières.
En conclusion, l'adoption du terme « fimi » marque une étape importante dans la compréhension et la lutte contre la désinformation. Il reste à voir si ce nouveau lexique parviendra à restaurer la confiance du public dans les médias, un défi de taille à l'ère numérique.



