Le 25 février 2025, un adolescent de 16 ans circulant à trottinette sur la piste cyclable Joseph-François-Dupleix à Lattes, près de Montpellier, a lourdement chuté après avoir roulé sur une zone où le goudron était déformé par la racine d'un arbre. Sa roue a ensuite heurté un rondin de bois dont un clou dépassait, le stoppant net et le projetant en avant. Selon sa mère, interrogée par Midi Libre, il a perdu le contrôle en se déportant sur la droite pour laisser passer une piétonne.
Des blessures graves et un long arrêt scolaire
Les conséquences de la chute sont sévères : lèvre ouverte nécessitant six points de suture, mâchoire fracturée, dent de devant cassée, une autre dent pivotée d'environ 45 degrés, ainsi que deux doigts de la main gauche cassés (annulaire et auriculaire). Transporté aux urgences de la clinique du Millénaire, Thomas a dû être revu 48 heures plus tard en raison de douleurs persistantes à la main, et une orthèse moulée lui a été posée. Il est resté deux mois sans pouvoir se rendre au lycée Nevers, bénéficiant de cours à domicile et d'un accompagnement mis en place avec le rectorat.
L'assurance conclut à un accident non lié à la trottinette
Une expertise diligentée par l'assurance a conclu que la trottinette n'était pas débridée et que Thomas portait bien des gants et un casque, dont la visière s'est coupée en deux lors de l'accident, selon ses parents. L'assureur a pris en charge les dommages corporels et matériels dans la limite d'un plafond de 7 000 €, aujourd'hui presque atteint. De nouveaux frais sont à prévoir : appareil dentaire porté depuis avril 2026, gouttières jour et nuit, et d'éventuels soins esthétiques pour la cicatrice de la lèvre où les poils ne repousseraient plus normalement.
La Métropole rejette toute responsabilité
Estimant que l'accident est lié à un défaut d'entretien de la piste cyclable, la famille a demandé à la Métropole de Montpellier, gestionnaire de l'ouvrage, de reconnaître sa responsabilité et d'indemniser les préjudices. Mais l'institution rejette toute faute, considérant que l'adolescent est tombé seul. Dans un courrier, elle invoque une jurisprudence selon laquelle « il appartient à l'usager de démontrer le lien entre le dommage et un éventuel défaut d'entretien de l'ouvrage public ».
Les parents pointent des contradictions
Les parents de Thomas contestent cette position. « Qu'on nous explique alors pourquoi les services communaux de Lattes ont effectué un marquage au sol et posé des panneaux de signalisation indiquant un danger juste après l'accident ? Et pourquoi des travaux ont également été réalisés par la Métropole fin mars 2026 avec aplanissement de la déformation ? », interrogent-ils. Ces éléments laissent penser que la collectivité a reconnu implicitement l'existence d'un danger.
Un projet d'avenir pour Thomas
En attendant l'issue du différend, Thomas a décidé de transformer cette épreuve en projet professionnel : il s'est inscrit dans une école de prothésiste dentaire à la rentrée prochaine. « Un mal pour un bien en somme », commente sa mère. L'affaire reste en suspens, la famille espérant que la Métropole assumera ses responsabilités.



