Il y a 50 ans, le casse du siècle à Nice : 371 coffres éventrés par le gang des égoutiers
50 ans du casse du siècle à Nice : 371 coffres éventrés

Le 16 juillet 1976, une bande de malfaiteurs dirigée par Albert Spaggiari s'introduit dans la salle des coffres de la Société Générale de Nice, avenue Jean-Médecin, par les égouts. Après 50 heures sous terre, ils dérobent un butin estimé entre 40 et 50 millions de francs, pillant 371 coffres individuels sur près de 4 000.

Une infiltration par les égouts

Depuis le 6 mai 1976, pendant près de trois mois, dix à quinze hommes se relaient chaque nuit dans les sous-sols niçois. Déguisés en égoutiers municipaux, ils creusent un tunnel à travers un mur de béton d'1,80 mètre d'épaisseur. Le boyau, large de 80 cm et haut d'1,30 m, rend la progression difficile. L'air manque, ils suffoquent, et les rats sont leurs seuls compagnons.

Pour s'éclairer, ils piratent un néon du parking Masséna en construction. Le cerveau du gang, Albert Spaggiari, a obtenu des informations cruciales d'un employé de la banque, notamment l'absence de capteurs de mouvements. Pour tester la sécurité, une complice ouvre un coffre et un réveil bruyant est jeté dans une grille d'aération, sans déclencher d'alarme.

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Le grand soir : 16 juillet 1976

Initialement prévu le 10 juillet, le casse est repoussé d'une semaine en raison de la visite officielle du président Valéry Giscard d'Estaing, qui sature Nice de forces de l'ordre. Le vendredi 16 juillet, à 17 heures, les employés ferment la banque pour le week-end. À 21h30, le mur de béton cède sous les coups de vérin hydraulique. Les malfaiteurs basculent le coffre-fort bloquant l'accès et entrent dans la salle des coffres.

Pendant plus de 50 heures, ils travaillent à la masse et au chalumeau, entrecoupés de pauses. Le cuistot « Bouche d'Or » prépare des festins de foie gras, charcuterie et fromages, arrosés de vin Margnat Village. Spaggiari plaisantera plus tard sur ce vin bon marché dans son livre Les égouts du paradis.

Un butin colossal

Le gang éventre 371 coffres individuels, mettant la main sur des lingots d'or, bijoux, devises et les recettes des supermarchés Casino, Prisunic, Manufrance et Nouvelles Galeries. Le butin total est estimé entre 40 et 50 millions de francs. Ils dédaignent un rubis assuré pour 600 millions de francs, jugé trop difficile à revendre.

Les difficultés et la fuite

Le 18 juillet au matin, un violent orage fait monter le niveau de l'eau dans les égouts, menaçant l'opération. Les guetteurs signalent l'approche du concierge, forçant les cambrioleurs à interrompre leur travail et à s'endormir dans l'obscurité. Le veilleur s'éloigne à midi, et les hommes épuisés reprennent leur tâche.

Dans la nuit du 18 au 19 juillet, ils doivent fuir avant l'arrivée du personnel. Le retour dans les égouts inondés est éprouvant, chargés de dizaines de kilos d'or et d'argent. Avant de disparaître, ils aspergent les lieux d'extincteurs pour effacer leurs traces, affichent des photos de femmes nues et inscrivent à la craie leur célèbre signature : « Sans haine, sans violence et sans armes. »

Héritage d'un casse légendaire

Ce casse, surnommé le « Casse du siècle », reste l'un des plus célèbres de l'histoire du banditisme en France. Albert Spaggiari, bien que présenté comme le cerveau, a vu sa paternité contestée par Jacques Cassandri, alias « Amigo », qui revendique le rôle principal. L'affaire a inspiré films et livres, dont Les égouts du paradis de Spaggiari lui-même.

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