45 vaches coincées à Nice : leur calvaire et la solidarité
45 vaches coincées à Nice : leur calvaire et la solidarité

Après une nuit et une journée entières bloquées dans une bétaillère en panne à Nice-Nord, les 45 vaches destinées à l'abattoir ont enfin pu être transférées vendredi 3 juillet 2026 dans la soirée. Les bovins, en transit entre l'Espagne et l'Italie, ont été conduits au Centre de recherche et d'expérimentation agricoles méditerranéen de La Gaude, où ils passeront la nuit et bénéficieront d'un répit d'au moins 24 heures.

Un calvaire sous le soleil niçois

Le camion, victime d'une panne mécanique sur l'autoroute A8, avait été dépanné le jour même. La remorque à deux étages a dû être stationnée dans un dépôt spécialisé boulevard Comte-de-Falicon durant toute la journée de vendredi. Les animaux, exposés au soleil, ont suscité l'émoi des riverains. Anne-Marie David, présidente de l'Alliance pour le respect et la protection des animaux (Arpa), raconte : « Nous avons été alertés par deux dames qui habitent en face et voient ces vaches dans ce camion au soleil. Elles cognent leurs sabots comme des malheureuses. »

Face à la mobilisation, la préfecture des Alpes-Maritimes est intervenue. « Les services vétérinaires de la direction départementale de la protection des populations se sont rendus sur place pour constater le bien-être animal. Ils ont constaté que les animaux sont correctement rafraîchis », indique-t-elle. L'équipe du garage a également arrosé les bêtes pour les soulager.

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Une plainte pour maltraitance déposée

Henry-Jean Servat, adjoint au maire de Nice délégué au Bien-être animal, a porté plainte auprès du procureur de Nice. « J'ai demandé qu'on saisisse les animaux. À mon sens, il s'agit d'un cas de maltraitance », affirme-t-il. Selon lui, la viande serait même « impropre à la consommation » après une telle expérience. Il assure que des adoptants sont déjà identifiés : « Durant toute cette journée, une chaîne de solidarité s'est mise en place à tous les niveaux. Des gens ont proposé du fourrage, d'autres des endroits pour les accueillir. »

Un manque criant de structures d'accueil

Cette situation met en lumière une problématique récurrente. Jimmy Gouedard, de l'Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs, déclare : « Dans toute la France, et pas seulement à Nice, nous manquons de structure d'accueil pour ces animaux. » Il ajoute : « Cela fait des années – nous avions même lancé une pétition – que nous réclamons des centres de rassemblement. Cela permettrait notamment d'extraire les animaux en urgence dans les cas de maltraitance, d'accident ou d'infraction. »

Henry-Jean Servat, en tant qu'élu, promet d'agir : « Je vais demander au maire de Nice de créer des aires de repos sur le territoire pour les bêtes qu'on mène à l'abattoir. » L'objectif est d'éviter qu'une telle situation ne se reproduise.

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