Sochaux : 18 ans de réclusion pour avoir traîné un policier sur 33 mètres
18 ans de prison pour avoir traîné un policier sous sa voiture

Un homme de 25 ans a été condamné mercredi à Besançon (Doubs) à 18 ans de réclusion criminelle pour refus d'obtempérer aggravé et tentative de meurtre sur un policier. Les faits s'étaient déroulés en 2023 à Sochaux, où l'accusé avait traîné l'agent sous les roues de sa voiture sur une distance de 33 mètres.

Une peine conforme aux réquisitions

La peine infligée par la cour d'assises du Doubs est conforme au réquisitoire de l'avocat général Frédérik Muyle, qui avait requis entre 15 et 18 ans de réclusion criminelle. Les faits remontent au 21 septembre 2023. Des policiers avaient repéré le véhicule d'Enzo Betelli stationné dans le garage de sa mère. Deux agents s'étaient approchés pour effectuer un contrôle et lui avaient demandé de sortir du véhicule. Mais l'homme avait refusé d'obtempérer, avait démarré le moteur et enclenché la marche arrière, accrochant un policier sous ses roues et le traînant sur 33 mètres avant de prendre la fuite.

Les blessures du policier

La victime a souffert de multiples fractures aux poignets et aux côtes, ainsi que de « plaies spectaculaires au visage », a indiqué son avocat Pierre-Henri Surdey. Malgré la gravité de ses blessures, l'homme a depuis repris son métier de policier.

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La défense de l'accusé

À la barre, Enzo Betelli, connu des services de police avec plusieurs mentions à son casier judiciaire, s'est défendu de toute intention de tuer. « Oui, j'ai fui, mais non je n'ai pas voulu donner la mort », a-t-il affirmé. Mercredi matin, avant que la cour ne se retire pour délibérer, il a présenté ses excuses à la victime. L'avocat général a estimé que l'accusé « savait que le policier était sous sa voiture, il n'y a aucun doute ». Il a ajouté : « Vous avez forcément senti le choc, entendu les hurlements, puisque tout le monde les a entendus ». Sur des écoutes téléphoniques, l'accusé disait à sa mère « je le savais, mais c'était lui ou moi », a encore souligné le magistrat.

Le geste héroïque d'un autre policier

L'avocat de la victime, Pierre-Henri Surdey, a souligné le « geste héroïque » de l'autre policier présent, qui a réussi à « faire feu, blesser le conducteur de manière superficielle » et à faire stopper le véhicule.

La plaidoirie de la défense

L'avocat de la défense, Jules Briquet, a mis en avant le « parcours de vie chaotique » de l'accusé, baladé de foyer en foyer de 6 à 16 ans parce que sa sœur frappait sa mère, puis livré à lui-même et soumis un temps à la prostitution. Dans cette affaire, « il n'y a pas de mort et pas de pronostic vital », même si l'accusé a reconnu avoir fait « la plus grosse connerie » de sa vie, a-t-il plaidé.

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