Remboursement des culottes et coupes menstruelles dès octobre 2026
Remboursement des protections menstruelles dès 2026

À partir du 1er octobre 2026, les culottes et coupes menstruelles réutilisables seront partiellement remboursées par l'Assurance maladie. Cette mesure, publiée au Journal officiel le 7 août, concerne environ 6,7 millions de femmes : les moins de 26 ans et celles en situation de précarité. La prise en charge s'élèvera à 65 % pour les moins de 26 ans, et entre 55 et 65 % pour les femmes précaires, avec un reste à charge potentiellement couvert par la mutuelle.

Un cahier des charges strict pour les produits

Pour être éligibles au remboursement, les protections périodiques devront respecter des critères précis. Les culottes et coupes menstruelles devront résister à au moins 52 lavages, à une température minimale de 30 °C, et être composées de trois couches : une couche en coton biologique ou lyocell, une couche absorbante, et une couche imperméable antifuites. La capacité d'absorption minimale est fixée à 20 ml.

Le cahier des charges impose également une diversité de tailles : huit tailles pour les culottes menstruelles et deux pour les coupes. Ces produits seront délivrés en pharmacie, et la prise en charge sera limitée à deux produits par an et par personne.

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Un coût maîtrisé pour l'Assurance maladie

Le prix de vente en pharmacie est fixé à 19 euros TTC pour une culotte menstruelle, soit 14,40 euros hors taxes. L'Assurance maladie remboursera entre 55 et 65 % de ce montant, selon la situation de la bénéficiaire. Pour les femmes de moins de 26 ans, le taux est fixé à 65 %, tandis que pour les femmes précaires, il peut varier entre 55 et 65 %.

Cette mesure vise à encourager l'utilisation de protections réutilisables, plus écologiques et économiques à long terme. Elle s'inscrit dans une démarche plus large de réduction des déchets et de lutte contre la précarité menstruelle.

Des critiques sur la durabilité et l'origine des produits

Malgré cette avancée, la mesure est critiquée par certains acteurs du secteur. Marion Goilav, cofondatrice de la marque française Elia, dénonce une durée de vie insuffisante des produits : « 52 cycles de lavage, c'est 8 mois d'utilisation, c'est de la fast fashion ». Elle salue toutefois l'exigence d'un test en condition réelle sur la tolérance du produit.

Elle regrette également que ce cahier des charges « ouvre la porte à des produits offshore », principalement asiatiques, et risque de « tuer encore un peu plus » le Made in France. Cette inquiétude soulève la question de la soutenabilité de la filière française de protections menstruelles réutilisables.

Un impact attendu sur la précarité menstruelle

Cette mesure constitue une avancée significative pour des millions de femmes en France. Selon une étude de l'INSEE, environ 2 millions de femmes ont déjà connu une situation de précarité menstruelle, n'ayant pas les moyens d'acheter des protections adaptées. Ce remboursement devrait réduire cette inégalité et améliorer la santé et la dignité des femmes concernées.

Le gouvernement espère ainsi encourager le recours aux protections réutilisables, qui représentent une alternative durable aux protections jetables. Cette décision s'ajoute à d'autres mesures récentes, comme la mise à disposition gratuite de protections dans les collèges et lycées.

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