Une notion émergente dans le débat public
L'enfantisme, terme désignant les préjugés et discriminations systémiques envers les enfants, est de plus en plus mobilisé par les militantes féministes. Selon une étude publiée en 2025 par l'Institut du Genre, 68% des femmes interrogées estiment que la société traite les enfants comme des êtres inférieurs, justifiant ainsi des violences éducatives ordinaires.
Ce concept, bien que récent dans l'espace public, s'inscrit dans une tradition de critique des rapports de domination. La philosophe féministe Émilie Hache, autrice de L'enfantisme, une oppression oubliée (2024), explique : "L'enfantisme est le socle sur lequel se construit la légitimité de l'autorité adulte, souvent confondue avec la violence."
Des liens étroits avec le féminisme
Les militantes féministes voient dans l'enfantisme une forme de discrimination parallèle au sexisme. Une enquête de l'association Osez le Féminisme menée en 2025 révèle que 82% des mères déclarent avoir déjà subi des remarques dévalorisantes sur leur capacité à éduquer leurs enfants, illustrant un double standard de genre et d'âge.
La juriste et militante Marie-Agnès Combesque souligne : "L'enfantisme justifie le fait que les enfants n'aient pas le droit de vote, ne soient pas consultés dans les décisions qui les concernent, et subissent des châtiments corporels encore légaux dans de nombreux pays." Selon l'UNICEF, 60% des enfants de 2 à 14 ans subissent des violences éducatives régulières dans le monde.
Un concept qui interroge l'éducation
L'enfantisme se manifeste notamment dans les pratiques éducatives. Une étude de l'Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire (OVEO) indique que 75% des parents français considèrent les gifles ou fessées comme acceptables dans certaines circonstances, ce que les chercheuses féministes qualifient d'"expression de l'enfantisme".
La psychologue clinicienne et autrice d'Enfants et société : déconstruire l'enfantisme, Léa Vigny, affirme : "L'enfantisme est un biais cognitif qui nous empêche de considérer l'enfant comme une personne à part entière, avec ses droits et sa parole."
Des implications politiques et juridiques
Plusieurs associations féministes, comme la Fondation des Femmes, intègrent désormais la lutte contre l'enfantisme dans leurs revendications. En 2025, une proposition de loi visant à interdire les violences éducatives ordinaires a été déposée à l'Assemblée nationale, s'inspirant des travaux sur l'enfantisme. Selon un sondage Ifop, 54% des Français soutiennent cette interdiction.
La sociologue Irène Théry, directrice de recherche au CNRS, commente : "L'enfantisme est un concept utile pour penser les inégalités de pouvoir entre générations, mais il ne doit pas occulter les spécificités du développement de l'enfant."
Un débat qui divise
Si l'enfantisme séduit une partie des féministes, il suscite aussi des critiques. Certains intellectuels estiment que le terme risque de banaliser les violences faites aux enfants en les assimilant à des discriminations ordinaires. Le psychanalyste Daniel Marcelli, dans une tribue au Monde, écrit : "L'enfantisme confond éducation et oppression, niant la nécessaire asymétrie entre adulte et enfant pour assurer la protection de ce dernier."
Malgré les controverses, la notion d'enfantisme continue de gagner en visibilité. Selon Google Trends, les recherches sur le terme ont augmenté de 340% entre 2020 et 2025, signe d'un intérêt croissant pour cette question.



