Vintimille : le français enseigné de la maternelle au lycée dès 2026
Vintimille : français enseigné de la maternelle au lycée dès 2026

À partir de la rentrée de septembre 2026, tous les élèves de Vintimille, de l'école maternelle au lycée, bénéficieront d'un enseignement du français intégré à leur parcours scolaire. Le projet a été officialisé le vendredi 16 juillet 2026 par la signature d'un accord entre la Ville et le réseau des établissements scolaires.

Un constat : le français trop peu parlé à Vintimille

« Nous sommes partis d'un constat : dans notre ville, porte d'entrée vers la France, le français est encore trop peu parlé à la maison, dans les familles, à l'école et, par conséquent, dans le monde du travail. C'est précisément pour cette raison que nous lançons aujourd'hui ce projet. Nous voulons que nos élèves deviennent pleinement bilingues », affirme le maire de Vintimille, Flavio Di Muro.

Pour la municipalité, ce projet répond à une nécessité concrète : offrir aux jeunes Vintimillais les meilleures chances de construire leur avenir. « Notre volonté politique est de former au mieux nos jeunes, qui ne doivent être inférieurs à personne. La Principauté de Monaco est notre principal bassin d'emploi : les salaires y sont souvent deux, voire trois fois plus élevés qu'à Vintimille. Soyons clairs : Monaco se trouve à seulement vingt ou trente minutes d'ici. C'est une opportunité extraordinaire, mais encore faut-il être suffisamment formé pour la saisir. »

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Un atout pour l'emploi transfrontalier

Le maire insiste sur un objectif précis : permettre aux jeunes Italiens de rivaliser avec leurs voisins français lorsqu'ils postulent de l'autre côté de la frontière. « Nous voulons que nos futurs travailleurs ne soient pas moins bien préparés que les Français lorsqu'ils cherchent un emploi en Principauté. Ils doivent avoir les mêmes chances. »

Selon lui, la maîtrise du français permettra également d'élever les ambitions professionnelles des nouvelles générations. « Il n'y a évidemment rien de mal à travailler dans le bâtiment. Mais nous constatons qu'à Monaco ou sur la Côte d'Azur, les directeurs de banque, par exemple, sont presque tous francophones. Je souhaite que nos jeunes puissent viser ces postes à responsabilités et profiter pleinement des nombreuses opportunités offertes par Monaco et la France. »

Une pédagogie moderne et innovante

Pour atteindre cet objectif, les établissements misent sur un apprentissage précoce et sur des méthodes qui dépassent l'enseignement traditionnel. « Il faut laisser derrière nous une pédagogie purement transmissive, héritée du siècle dernier, pour privilégier des activités innovantes et inclusives », explique Giovanni Oggiana, proviseur du lycée Aprosio.

Il cite notamment l'exemple de la Petite Bibliothèque, un espace de lecture entièrement consacré aux ouvrages en français. « Chaque semaine, les élèves reviennent volontairement à l'école pour lire des textes en français, en discuter et même préparer de petites représentations théâtrales. Cette implication active leur permet d'acquérir des compétences linguistiques remarquables. »

Un financement municipal pour les certifications

La Ville accompagnera également le projet sur le plan financier. « L'engagement de la commune est concret. Nous avons créé une ligne budgétaire spécifiquement dédiée au bilinguisme et nous financerons les frais liés aux certifications linguistiques. Notre objectif n'est pas seulement d'enseigner le français, mais aussi de permettre aux élèves d'obtenir une certification officielle attestant de leur niveau », précise Milena Raco, adjointe à l'Éducation.

Une coopération transfrontalière avec Menton

La conférence de presse a également été l'occasion d'évoquer la dimension transfrontalière du projet. « La Ville de Menton s'est engagée, de son côté, à développer l'enseignement de l'italien dès l'école maternelle. Cette réciprocité favorisera les rencontres scolaires : elle donnera envie aux jeunes Français de venir étudier en Italie et aux jeunes Italiens de découvrir le système scolaire français », souligne Milena Raco.

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Les premiers échanges concerneront des classes de maternelle, de primaire, de collège et de lycée. « C'est ainsi que les élèves découvriront concrètement la richesse des interactions culturelles. Ce n'est pas un caprice, mais une véritable nécessité : nous voulons leur donner la confiance nécessaire pour vivre, étudier et construire leur avenir professionnel, y compris de l'autre côté de la frontière », conclut l'élue.