Thomas Pesquet embarque 1 000 personnes dans l'espace à Monaco
Thomas Pesquet embarque 1 000 personnes à Monaco

Plus de 1 000 personnes ont embarqué dans l'espace avec Thomas Pesquet, invité par la Monaco Méditerranée Foundation, lors d'une conférence à l'auditorium Rainier-III. L'astronaute de l'Agence spatiale européenne a commenté en direct le film retraçant ses deux voyages dans l'espace, soit 2 fois 200 jours, devant une salle comble.

Un parcours d'exception et une mission à venir

Thomas Pesquet, ingénieur aéronautique, pilote de ligne et pilote d'essai, parle six langues, joue du saxophone et détient une ceinture noire de judo. Sélectionné en 2009 par l'Agence spatiale européenne parmi 8 413 candidats, il est l'astronaute français ayant passé le plus de temps dans l'espace et le plus suivi sur les réseaux sociaux.

En juillet prochain, il commandera la mission VAST-PAM-1, 100 % européenne, à destination de la station spatiale internationale (ISS), à bord d'un vaisseau américain. La conférence était organisée par la Monaco Méditerranée Foundation, présidée par Gian Luca Braggiotti.

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Les risques et la vie en apesanteur

Interrogé sur les dangers, Thomas Pesquet a évoqué le feu, la dépressurisation et une atmosphère toxique. « Pour ça on est entraîné », a-t-il assuré, ajoutant que la sortie de la station est un « instant critique » et que le retour en urgence sur la planète est répété, avec un apprentissage de la survie en mer.

L'apesanteur pendant six mois n'est « pas bon pour la santé », a-t-il reconnu, mais chaque jour en station, les astronautes font 1 heure de cardio et 1,5 heure de musculation, après une formation d'environ sept ans.

Le lancement, les photos et les toilettes

Le plus spectaculaire reste le lancement de la fusée, qui « illumine la nuit d'une façon magistrale », avec une mise en orbite en 8 minutes 48 secondes exactement. Il a décrit la station, « qui flotte dans l'espace alors qu'elle fait la taille d'un terrain de foot », et a confié avoir pris « 85 000 photos en 200 jours ».

Avec humour, il a répondu aux questions du public : les toilettes fonctionnent « par aspiration », et pour le blues, « on recrée une petite famille » avec des soirées pizzas, Noël et même les JO. « Tant que ton cerveau est occupé, tu as moins le temps de penser à ceux qui te manquent », a-t-il expliqué.

L'utilité de l'espace et le retour sur Terre

Selon Thomas Pesquet, l'espace sert à la recherche scientifique pour observer le comportement du corps humain, car sur Terre « on peut enlever tous les paramètres que l'on veut, sauf la gravité ». Il a aussi insisté sur les prochaines étapes : l'exploration de la Lune et de Mars, qui pourrait apporter des réponses sur l'origine de la vie.

À propos de la nourriture, il a plaisanté : « même un plat concocté par Alain Ducasse, sorti d'une boîte de conserve après deux ans de gestation, ce n'est pas super », et a ajouté qu'il n'y a « pas de pain, pas de lait, pas de fromage, pas de glace ». Sur le retour, il a précisé que le corps et l'oreille interne doivent se réhabituer à la gravité, et qu'il a subi 21 prises de sang lors de son dernier retour.

Enfin, sur la peur, il a déclaré : « Quand on est attaché à un coffre-fort, lui-même accroché à un missile balistique, si on n'a pas peur c'est qu'il nous manque une case. C'est sain la peur. » Il a conclu que la claustrophobie serait rédhibitoire pour ce métier.

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