Une formation cinématographique unique en Périgord
Depuis 2008, le lycée Joséphine-Baker de Sarlat propose une année de mise à niveau en cinéma audiovisuel, communément appelée Mancav. Cette formation spécifique permet ensuite aux étudiants d'intégrer diverses formations dans le milieu du cinéma, ouvrant ainsi des perspectives professionnelles dans ce secteur artistique exigeant.
Des origines liées au festival de Sarlat
L'histoire de cette initiative remonte à près de vingt ans. En 2008, Madame Juppé-Leblond, alors inspectrice générale du cinéma, a proposé à une de ses connaissances de créer une mise à niveau expérimentale à Sarlat, naturellement orientée vers le septième art. La cité de La Boétie possède en effet un atout considérable avec son festival du cinéma qui se déroule chaque année début novembre. Depuis sa création il y a environ trente ans, cet événement culturel est particulièrement orienté vers les lycéens, ce qui en fait un terreau fertile pour l'éducation cinématographique.
Le lycée Joséphine-Baker de Sarlat propose d'ailleurs depuis de nombreuses années une option cinéma à ses classes de terminale, démontrant ainsi un engagement durable envers cette discipline artistique.
Une communauté soudée d'apprentis cinéastes
Chaque rentrée scolaire, la Mancav accueille dix-huit jeunes venus des quatre coins de la France. Ces étudiants, souvent éloignés de leur région d'origine, développent des liens particulièrement forts selon Françoise Correia, la directrice de l'établissement. « Ils partagent les mêmes passions et passent énormément de temps ensemble », explique-t-elle. « Une véritable transmission s'opère : nos anciens étudiants, devenus professionnels, aiment revenir rencontrer les nouvelles promotions ».
Cette formation d'un an constitue une véritable remise à niveau, tant sur le plan artistique que scientifique. Florent Brousse, le référent pédagogique, précise : « Nous leur démontrons que des matières comme la physique ne sont pas aussi intimidantes qu'elles peuvent paraître ». Accessible aux détenteurs de baccalauréats généraux, technologiques ou professionnels, cette formation postbac nécessite le passage par la plateforme Parcoursup pour l'intégration.
Une immersion professionnelle concrète
Les étudiants bénéficient de vingt-cinq heures de cours hebdomadaires, mais l'aspect le plus marquant de cette formation réside dans son immersion professionnelle. Lors du Festival du film de Sarlat, ils doivent réaliser des courts-métrages en une semaine seulement. Dans le cadre de la Résidence des 168 heures, un concours dédié aux jeunes réalisateurs, ils peuvent être embauchés comme stagiaires grâce à un partenariat entre le lycée et l'association organisatrice.
Le centre culturel de la ville leur offre également des opportunités précises lors des Scènes ouvertes, où ils travaillent sur les aspects techniques des événements (son, lumière) et participent même aux castings. Ces expériences au plus près de la réalité du métier permettent non seulement d'acquérir des compétences pratiques mais surtout de constituer un réseau professionnel essentiel pour leur future carrière.
Des débouchés variés et prometteurs
La majorité des diplômés de la Mancav poursuivent leurs études vers un BTS, tandis que certains intègrent directement des écoles de cinéma prestigieuses. Florent Brousse se déplace régulièrement à Angoulême, Biarritz ou Toulouse pour mieux comprendre les attentes des formations supérieures. « Le plus remarquable, c'est la diversité des opportunités qui s'offrent à eux », souligne-t-il. « Environ 90% de nos étudiants poursuivent leurs études après la Mancav. Ceux qui s'arrêtent le font généralement parce qu'ils réalisent que ce domaine ne correspond pas à leurs aspirations profondes ».
Cette formation unique en son genre continue donc de former les talents de demain, contribuant ainsi au dynamisme du secteur cinématographique français tout en s'appuyant sur le riche patrimoine culturel de la région de Sarlat.



