La rentrée scolaire 2025 s'annonce chargée de changements pour les 11,6 millions d'élèves, de la maternelle à la terminale. Parmi les principales nouveautés figurent de nouveaux programmes, l'interdiction du téléphone portable au lycée, la création d'un concours général des collèges, et la généralisation d'examens organisés uniquement le matin. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a détaillé ces mesures lors d'une conférence de presse mardi.
Nouveaux programmes et concours général des collèges
De nouveaux programmes entrent en vigueur dans plusieurs matières et à différents niveaux. À la fin de la maternelle, les élèves devront maîtriser 2 500 mots. « La première cible, c'est le vocabulaire », a souligné Édouard Geffray, qui insiste sur l'apprentissage de la lecture et de l'écriture et souhaite que les enseignants se concentrent sur leur « cœur de métier », « instruire ».
Le ministère va également organiser pour la première fois un concours général des collèges pour les élèves de 3e, en janvier et février, dans les disciplines suivantes : français, mathématiques, histoire-géographie, arts ou numérique-codage. Chaque établissement devra inscrire « autant de filles que de garçons », a précisé le ministre, qui veut « encourager l'excellence ».
Bac 2028, groupes de besoin et cérémonies du 11 novembre
Les lycéens entrant en première et suivant une spécialité dans une langue régionale (basque, corse, breton, etc.) pourront désormais passer, lors du bac 2028, l'épreuve correspondante dans cette langue. L'indication « cursus bilingue » pourra figurer sur le diplôme.
Les groupes de besoin en français et en mathématiques en 6e et 5e au collège, créés en 2024, deviennent facultatifs. Cette mesure phare du « choc des savoirs » porté par l'ancien ministre Gabriel Attal imposait que ces cours soient organisés en fonction du niveau et des besoins identifiés des élèves.
Par ailleurs, les élèves du CM1 à la terminale devront participer à une « cérémonie commémorative » annuelle d'hommage à tous les « Morts pour la France » autour du 11 novembre, dans l'enceinte de l'établissement. « Parce qu'il faut que nous sachions d'où nous venons pour savoir où nous allons », estime Édouard Geffray.
Examens le matin, bac professionnel et accompagnement des collèges
« 99,9 % des épreuves » écrites et orales du brevet et du baccalauréat auront lieu le matin en 2027, a confirmé mardi Édouard Geffray. Cette décision fait suite à l'engagement du ministre après que les candidats ont composé pendant la canicule en mai et juin dans des conditions souvent difficiles. Les exceptions concerneront les épreuves du baccalauréat professionnel qui durent toute une journée. Un barème de correction, comprenant les attendus sur l'orthographe, sera par ailleurs « rendu public » d'ici le 10 septembre, pour que « chacun se prépare sur une base commune ».
Le parcours dit « en Y » pour les élèves de terminale de la voie professionnelle, qui doivent choisir depuis la rentrée 2024 entre un stage en entreprise rémunéré ou des heures de cours, n'interviendra plus en fin d'année scolaire mais avant mars, et sera réduit à deux semaines, contre quatre en 2025-2026 et six l'année précédente.
Une attention particulière sera portée aux 756 collèges où plus de 40 % des élèves obtiennent moins de 8/20 en français et en maths au brevet. Ils bénéficieront d'un « accompagnement renforcé » des équipes académiques. « Toutes les demandes de formation y seront systématiquement satisfaites », a promis le ministre.
Portable au lycée, violences sexuelles et exclusion d'élèves
Emmanuel Macron a promulgué mardi la loi interdisant l'usage du téléphone portable au lycée. Les établissements devront modifier leurs règlements intérieurs, qui pourront prévoir des exceptions et autoriser l'utilisation des smartphones dans certains cas, par exemple pour payer la cantine ou faire des exercices en cours.
Des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué chaque année aux élèves, de la grande section à la terminale. « Nous avons le devoir de libérer la parole de manière aussi universelle que possible », a déclaré mardi en conférence de presse le ministre Édouard Geffray.
Enfin, un décret publié en juillet prévoit qu'un élève de primaire, collège ou lycée dont un parent « compromet gravement » le « fonctionnement normal » de l'établissement pourra être contraint d'en changer. Cette mesure vise à protéger les enseignants exerçant dans un climat scolaire tendu. « Je refuse qu'un professeur doive ouvrir lundi matin la grille à un parent qui l'aurait menacé le vendredi soir », a justifié Édouard Geffray, promettant un « suivi scolaire renforcé » pour l'élève concerné.



