Ce mercredi, six élèves de la Principauté ont présenté aux élus du Conseil national un rapport issu de six mois de travaux sur les défis du numérique. Le document, intitulé « Monaco et les défis du Digital », propose des pistes concrètes pour protéger la jeunesse monégasque, notamment via une meilleure sensibilisation dans les écoles, un renforcement de l'arsenal juridique et une campagne nationale de prévention.
Des jeunes mobilisés pour un numérique plus sûr
Depuis janvier, ces adolescents, scolarisés au lycée Albert-1er, se sont réunis une dizaine de fois, un ou deux mercredis par mois. « On a d'abord discuté entre nous sur notre vision du digital et des défis que cela représente », explique Maxence Filc, 17 ans, élève de Terminale. « Peu à peu, on a établi un plan d'action pour voir ce qui serait intéressant de mettre en place à Monaco », ajoute Olympe De Tayrac, 16 ans.
Pendant près de 45 minutes, les jeunes conseillers ont déroulé leur texte, fruit de leurs réflexions collectives. « C'est un concentré de toutes nos pensées et un constat sur le digital en Principauté avec toutes les opportunités qu'il offre mais aussi des points négatifs », résume Olympe.
Des propositions concrètes contre la désinformation
Parmi les mesures phares, les élèves recommandent de renforcer la sensibilisation au numérique dans les programmes scolaires et auprès des familles. Ils plaident également pour des moyens humains et financiers supplémentaires afin de lutter contre la désinformation. « On estime que les plateformes de réseaux ont elles aussi des responsabilités. En conséquence, elles devraient avoir plus de moyens pour faire de la modération et ne pas laisser les utilisateurs seuls face à un flot d'informations », souligne Maxence.
Les jeunes conseillers « réclament » un « renforcement de l'arsenal juridique » pour mieux protéger les mineurs. Ils saluent la proposition de résolution adoptée le 12 mai dernier par les élus concernant l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. « Il se trouve qu'il y a eu un consensus avec les élus puisque dès nos premiers jours de réflexion, nous souhaitions mettre en place la même mesure », précise Maxence.
Une interdiction des réseaux sociaux qui fait débat
Cette mesure divise, mais les jeunes conseillers, « premiers concernés », ont pris la température auprès de leurs camarades. « On a pris du recul sur cette mesure et c'est vrai qu'on passe énormément de temps sur les réseaux sociaux, reconnaît Olympe. Je pense que les jeunes ne s'en rendent pas forcément compte et c'est à nous de les aider avant qu'ils en prennent conscience. »
« Évidemment, c'est un sujet qui est difficile à faire comprendre mais on en a parlé avec des personnes de notre âge et tout le monde n'est pas d'accord mais globalement il y a une majorité de jeunes qui sont pour cette interdiction et qui commencent à réaliser qu'ils ont perdu beaucoup de temps derrière leurs écrans », ajoute Maxence.
Une campagne nationale de sensibilisation
Enfin, les six adolescents défendent l'idée d'une campagne nationale de sensibilisation sur les dangers du numérique. « On pourrait les diffuser sur les bus de la Principauté, sur les abribus ou les grands panneaux publicitaires », proposent-ils.
Le président du Conseil national, Thomas Brezzo, a salué le travail des jeunes conseillers. « Je tiens à vous féliciter au nom des élus. Vous n'avez pas cédé à la facilité : ni au numérique épouvantail, ni au numérique miracle. Vous avez choisi la nuance et la nuance à 15 ou 17 ans sur un écran allumé en permanence, c'est une forme de courage. »
Le rapport sera transmis au gouvernement princier, qui devra décider de la suite à donner à ces propositions.



