Marie-Nicole Lemieux : un amour charnel pour Wagner au Festival Radio-France
Marie-Nicole Lemieux : amour charnel pour Wagner au festival

La grande mezzo-soprano québécoise Marie-Nicole Lemieux renoue avec les Wesendonck Lieder de Richard Wagner, qu'elle interprétera le 18 juillet à l'opéra Berlioz de Montpellier dans le cadre du Festival Radio-France. Ces cinq mélodies, composées en 1857 sur des poèmes de Mathilde Wesendonck, ont servi d'études préparatoires à Tristan et Isolde, donné une semaine plus tôt lors du même festival.

Un lien intime avec Wagner

Marie-Nicole Lemieux confie : « J’ai tout de suite eu un amour charnel pour Wagner ! Berlioz était mon coup de foudre musical mais Wagner, vraiment, mon amour charnel ! » Les Wesendonck Lieder figuraient sur son tout premier album, enregistré en 2000 sur le label Cyprès, juste après avoir remporté le prix de la reine Fabiola et le prix spécial du lied au Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique.

Au conservatoire, sa professeure lui avait conseillé de monter le plus de cycles possible : « Tout arrive d’un coup, et il faut être prêt ! » Ainsi, elle avait en magasin les Nuits d'été de Berlioz, les Rückert Lieder de Mahler et les Wesendonck Lieder.

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Des mélodies jamais oubliées

« Les Wesendonck Lieder ne m’ont jamais quittée », affirme-t-elle. Après une carrière tournée vers le baroque, elle est revenue à Wagner, incarnant Erda dans L'Or du Rhin et Fricka dans La Walkyrie. Elle fera sa première Brangäne dans Tristan et Isolde en 2027 sous la direction de Daniele Gatti.

Elle chante aujourd’hui ces lieder dans la tessiture originale, contrairement à 2000 où elle les interprétait en contralto. « Ma voix a changé, j’ai évolué, j’ai une autre expérience de l’amour, et de Wagner, mais la musicalité est là. Ils demandent une bonne dose d’humilité et un front de bœuf ! »

Une soirée exceptionnelle

Le concert, dirigé par Thomas Guggeis, comprendra également la Symphonie n°5 de Mahler, interprétée par l’Orchestre national de France. Les Wesendonck Lieder sont particulièrement liés à Tristan et Isolde : Wagner a écrit en tête de Träume, le cinquième lied, « étude pour Tristan et Isolde », et dans Im Treibhaus, il utilise des airs repris dans le prélude du troisième acte de l’opéra.

Pour Marie-Nicole Lemieux, Wagner incarne « l’art total… et l’amour. C’est même la métaphysique de l’amour. Surtout dans Stehe still !, le deuxième lied, c’est quasiment nietzschéen. C’est quand on est les yeux dans les yeux, l’âme dans l’âme, avec l’autre, quand on est amoureux comme cela que l’on résout – je le pense vraiment – l’énigme de la nature ! »

Informations pratiques

Concert le samedi 18 juillet à 20 h à l’opéra Berlioz, Montpellier. Tarifs : 20 € à 70 €. Diffusion en direct sur France Musique. Site : lefestival.eu.

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