Le Snes-FSU, premier syndicat de l'Éducation nationale dans le second degré, publie ce lundi son enquête annuelle sur la rentrée scolaire. Pour la cinquième année consécutive, le constat est sans appel : « Deux établissements sur trois ont une équipe incomplète, une pénurie généralisée ». Selon les décomptes du syndicat, il manque au moins un professeur dans plus de la moitié (53 %) des collèges et des lycées à la rentrée.
Une pénurie qui contredit les discours ministériels
« Contrairement aux discours optimistes du ministre, il n'y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée », relève l'enquête du syndicat. Ce chiffre de 53 % couvre « les postes non pourvus et les remplacements de moyenne et longue durée dont certains étaient prévisibles ». Le Snes-FSU précise que cette pénurie « devrait se poursuivre quand les besoins en remplacement vont augmenter en cours d'année », d'autant que « les rectorats ont fait le choix de ne pas renouveler un nombre conséquent de professeurs non-titulaires en CDD ».
Des personnels indispensables également manquants
L'enquête pointe également l'absence d'au moins une AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) dans 17 % des collèges et lycées. « Un nombre significatif d'élèves qui disposent d'une notification se retrouve sans accompagnement effectif ». Le nombre de psychologues de l'Éducation nationale (Psy EN) manquants est sensiblement le même, à 16 %.
« Dans le détail, 69 % des établissements ont une équipe pédagogique et éducative où il manque au moins un personnel », conclut le Snes-FSU. Le syndicat souligne que « depuis 2022, chaque rentrée a été faite par un ministre différent. Mais le cap politique reste le même : un refus de revaloriser les personnels, d'améliorer les conditions de travail qui pèse lourdement sur l'attractivité de nos métiers ».
Une enquête méthodologiquement solide
Le syndicat précise que cette enquête a été réalisée par téléphone et mails auprès des responsables de sections Snes-FSU d'établissements du 31 août au 4 septembre, auprès d'un échantillon de 1 033 établissements en prenant en compte le poids de chaque académie, ainsi que la répartition collèges/lycées. Les absences ponctuelles sur la semaine de rentrée ont été exclues du champ de l'enquête.
Le Snes-FSU dénonce une « forme d'hypocrisie insupportable » face au recul de la France dans les classements internationaux sur l'éducation et aux piètres performances dans les évaluations. Cette situation devrait se poursuivre, faute de revalorisation et d'amélioration des conditions de travail des personnels.



