Mobilisation massive à Saint-Georges-de-Luzençon contre la suppression d'un poste d'enseignant
Mobilisation contre la suppression d'un poste d'enseignant à Saint-Georges

Une mobilisation d'envergure contre la suppression d'un poste d'enseignant

À Saint-Georges-de-Luzençon, dans l'Aveyron, la colère gronde au sein de la communauté éducative. Les parents d'élèves de l'école publique du Cernon ont décidé de passer à l'action face à l'annonce de la fermeture d'un poste d'enseignant pour la rentrée prochaine. Une grande journée de mobilisation est organisée ce vendredi 20 juin, marquée par des banderoles aux messages percutants comme "École en danger" ou "Touche pas à mon école" qui fleurissent dans les rues du village.

Un programme d'actions déterminé

Dès l'ouverture de l'école à 7h30, les parents prévoient un blocage symbolique de l'établissement. Leur plan d'action comprend également :

  • La distribution de tracts informatifs
  • La signature d'une pétition de soutien
  • L'installation de banderoles visibles
  • Des contacts établis avec les médias locaux et nationaux
  • Des échanges avec des élus comme Alain Marc et Arnaud Viala

L'Association des Parents d'Élèves (APE) exprime son incompréhension face à cette décision : "L'effectif d'élèves scolarisés ne change pas entre cette année et l'année prochaine. Nous ne comprenons pas cette décision", déplorent-ils. La communauté éducative craint que cette suppression ne nuise significativement à l'organisation pédagogique et à la qualité de l'enseignement dispensé aux enfants.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un contexte départemental et national préoccupant

Cette mesure s'inscrit dans une réorganisation plus large de la carte scolaire annoncée par l'Éducation nationale. La commission départementale de l'Éducation nationale (CDEN) a validé les décisions discutées en début d'année lors de plusieurs instances, notamment un groupe de travail en janvier et le Comité Social de l'Administration (CSA) du 10 février.

Au niveau national, 470 suppressions de postes sont actées pour la rentrée 2025. Ce chiffre représente toutefois une forte baisse par rapport aux 3 155 retraits initialement prévus dans le projet de loi de finances. L'académie de Toulouse doit assumer 22 de ces suppressions, dont 4 spécifiquement dans le département de l'Aveyron.

Une justification démographique contestée localement

Pour justifier ces fermetures de postes en Aveyron, Claudine Lajus, directrice académique des services de l'Éducation nationale (Dasen), met en avant la baisse attendue des effectifs scolaires. Elle prévoit une diminution de 369 élèves à la rentrée prochaine dans le département, et une chute plus marquée de 1 240 élèves sur les trois prochaines années.

Cependant, sur le terrain, les parents soulignent l'incohérence apparente entre cette logique démographique et la réalité locale. À Saint-Georges-de-Luzençon, "l'effectif reste stable", valide l'APE. Cette situation crée un décalage entre les statistiques départementales et les réalités concrètes vécues par les établissements scolaires.

Plusieurs établissements concernés dans la région

Outre Saint-Georges-de-Luzençon, d'autres écoles de la région sont touchées par ces mesures :

  1. L'école de Saint-Rome-de-Cernon
  2. L'école Beauregard à Millau

Chacun de ces trois établissements subit la suppression d'un poste d'enseignant, créant ainsi une vague de préoccupation à travers plusieurs communes du Sud-Aveyron.

Des ajustements potentiels dès lundi

Jugée "clémente" pour le Sud-Aveyron au sortir des premières rencontres préparatoires, cette nouvelle mouture de la carte scolaire sera de nouveau abordée lors du prochain CDEN prévu ce lundi. Cette réunion pourrait potentiellement amener des ajustements aux décisions annoncées.

Mais d'ici là, les parents entendent bien faire entendre leur voix avec détermination. "Nous n'avons pas dit notre dernier mot", assurent-ils avec fermeté. La mobilisation de ce vendredi représente donc un moment crucial pour exprimer leurs préoccupations avant la tenue de cette importante réunion départementale.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Cette situation illustre les tensions croissantes entre les décisions administratives centralisées et les réalités locales vécues par les communautés éducatives. Elle pose également la question plus large de l'adaptation des politiques éducatives aux spécificités territoriales dans un contexte de contraintes budgétaires nationales.