Depuis le début de son second quinquennat, Emmanuel Macron relance chaque année le débat sur la durée des vacances scolaires d'été. En février, le chef de l'État s'est de nouveau dit favorable à un passage de huit semaines actuellement à « un gros mois de vacances » afin d'alléger la charge de travail quotidienne des élèves pendant l'année. Cette proposition, récurrente, vise à réduire la fatigue des élèves et à améliorer l'apprentissage en répartissant mieux les temps de repos.
Une proposition controversée
La suggestion de Macron suscite des réactions mitigées. Les syndicats d'enseignants et certaines associations de parents d'élèves craignent une surcharge du calendrier scolaire et une perturbation des rythmes familiaux. Selon un sondage récent, 45 % des Français seraient favorables à une réduction des vacances d'été, tandis que 40 % s'y opposent. Le gouvernement argue que des études pédagogiques montrent que de longues coupures estivales entraînent une perte d'acquis, notamment chez les élèves défavorisés.
La Convention citoyenne ne suit pas
La Convention citoyenne sur les temps de l'enfant, un organisme réunissant 133 citoyens tirés au sort, a rendu son rapport fin 2024 sans proposer de modifier ces vacances. Le rapport, qui a nécessité plusieurs mois de délibération, recommande plutôt d'optimiser les rythmes quotidiens et hebdomadaires, sans toucher aux huit semaines d'été. « Nous avons estimé que les vacances d'été sont importantes pour le repos des enfants et des familles, et que le problème principal réside dans l'organisation de l'année scolaire », a déclaré un porte-parole de la Convention.
Un débat récurrent
Cette relance du débat n'est pas nouvelle. Dès 2017, Macron avait évoqué cette idée, sans succès. En 2023, une mission d'information parlementaire avait également échoué à trouver un consensus. Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, avait alors indiqué que « toute modification devra être concertée avec les acteurs éducatifs ». Pour l'instant, le gouvernement n'a pas annoncé de calendrier législatif, mais le sujet devrait revenir lors des prochaines discussions sur la réforme des rythmes scolaires.



