Frais universitaires : vers un quintuplement à 900 € en licence et 1 300 € en master
Frais universitaires : vers un quintuplement à 900 € en licence

Un rapport remis au gouvernement mercredi 24 juin 2026 recommande de porter les frais d'inscription à l'université à 900 euros pour une année de licence et 1 300 euros pour un master, soit une multiplication par cinq des tarifs actuels. Cette mesure vise à renforcer le financement des établissements d'enseignement supérieur, confrontés à un risque de soutenabilité financière d'ici 2030.

Une hausse qualifiée de « modérée » par le rapport

Le rapport, consulté par l'AFP, est issu des assises du financement des universités lancées en janvier 2026 par le gouvernement. Il qualifie cette augmentation de « modérée » et estime qu'elle permettrait de dégager environ 1,5 milliard d'euros supplémentaires par an. Actuellement, un étudiant français non boursier paie 178 euros pour une licence et 254 euros pour un master.

« Si le modèle financier des universités n'évolue pas, il ne sera plus soutenable d'ici à 2030 », alerte le document de 117 pages, signé par Jérôme Fournel, inspecteur général des finances et ex-directeur de cabinet de l'ancien Premier ministre Michel Barnier, et Gilles Roussel, ex-président de l'université Gustave Eiffel.

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Pas de changement pour les rentrées 2026 et 2027

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a toutefois répété en conférence de presse qu'il n'y aurait « pas de changement des droits d'inscription l'année prochaine », soit pour les rentrées 2026 et 2027. Les droits des diplômes nationaux sont fixés par l'État et doivent demeurer « modiques », conformément aux jurisprudences du Conseil constitutionnel et du Conseil d'État.

Un levier pour faire face aux difficultés financières

Le rapport préconise d'augmenter les droits d'inscription pour les étudiants français et européens afin de porter leur part dans les ressources universitaires de 3 % à 10 %. Il souligne que les droits actuels « représentent 1,9 % du coût estimé des formations dispensées ». Cette hausse est présentée comme l'un des « leviers » pour faire face « à un risque majeur d'appauvrissement et de dysfonctionnement d'un nombre croissant d'universités si le modèle reste en l'état ».

Les auteurs ont été missionnés en janvier par les ministres de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste et des Comptes publics David Amiel pour aboutir à un « diagnostic partagé » sur la situation financière des universités, en difficulté. Ils estiment que cette augmentation « pourrait utilement contribuer à la soutenabilité financière des universités, sans remettre en question l'égal accès à l'enseignement supérieur ».

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