FCPE : voies professionnalisantes dès la 6e pour les décrocheurs
FCPE : voies professionnalisantes dès la 6e pour décrocheurs

Alors que les collégiens d'Occitanie passent cette semaine les épreuves du brevet, Rémy Landri, nouveau coprésident académique de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), alerte sur le nombre grandissant d'élèves en souffrance et de conseils de discipline. Selon lui, il faut repenser l'orientation dès l'entrée au collège.

Un bâti scolaire inadapté face aux extrêmes climatiques

La chaleur dans les classes et salles d'examens a fait débat ces derniers jours. Interrogé sur ce sujet, Rémy Landri déclare : « La climatisation en tant que telle pose problème car vous réchauffez l'atmosphère. Derrière se pose surtout la question du modèle d'école que l'on veut, éducatif, climatique et économique. » Il ajoute que « le bâti scolaire ne convient pas, la politique devrait permettre de protéger de ces conditions extrêmes mais c'est la même chose chaque année. Un coup de froid l'hiver et des coups de chaud l'été avec des établissements non préparés. C'est de plus en plus intense et précoce. » Il déplore que l'on laisse le bâti scolaire se dégrader et qu'il manque un vaste plan d'adaptation et de rénovation thermique. Il estime qu'il faut aussi repenser les rythmes scolaires, pas adaptés à la réalité du climat, et envisager de finir l'année plus tôt.

Hausse des conseils de discipline et santé mentale des élèves

La FCPE observe une augmentation préoccupante des problèmes de santé mentale chez les élèves. « Nous avons de plus en plus d'enfants suivis, dans des états psychologiques extrêmes. Conséquence, une forte hausse des conseils de discipline cette année encore. Dans un collège de Perpignan, on en était à plus 40 pour 400 élèves », précise Rémy Landri. Il souligne que ces enfants souffrent, perturbent les classes, et que le conseil de discipline en les excluant ne fait souvent que déplacer le problème. Il appelle à un vaste plan sur l'orientation.

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Repenser le collège unique : des voies professionnalisantes dès la 6e

Pour Rémy Landri, le modèle actuel du collège unique n'est plus adapté. « Vous ne pouvez pas avoir des enfants qui sont dès la 6e décrochés et que vous retrouvez quatre ans après en 3e dans de mauvaises conditions », explique-t-il. Il propose de créer des voies et des filières permettant à chacun de trouver une orientation choisie et non subie. « Quand vous dites à un enfant tu feras quatre ans de collège alors qu'il n'aime pas l'école, ce n'est pas satisfaisant. Il faut des voies professionnalisantes dès la 6e, aller vers du technique beaucoup plus tôt, sans attendre la seconde. » Il estime que l'on assiste à une rupture du contrat social d'éducation publique.

Baisse des moyens humains : une « fatalité » contestée

Interrogé sur la baisse des moyens humains à la rentrée prochaine, Rémy Landri déclare : « On nous oppose la baisse démographique pour justifier ces baisses de postes mais il faudrait au contraire profiter de cette chance historique pour assurer un meilleur encadrement. On refuse cette fatalité qui est un choix politique. » Il ajoute que cela pose la question du projet sociétal pour les années à venir, avec les élections présidentielles en toile de fond.

L'IA dans l'éducation : entre opportunité et crainte

Concernant l'intelligence artificielle, le coprésident de la FCPE estime que son usage n'est pas bien contrôlé. « Les enseignants sont formés dans certains établissements, les programmes sont adaptés mais cette innovation déboule trop rapidement. Et elle est source de nouvelles inégalités entre les élèves, certains très habiles avec ces nouveaux supports, et d'autres décrochés numériquement. » Il note une ambivalence : d'un côté, un nouvel outil qui s'est répandu très vite, de l'autre, une crainte générale des parents et des acteurs de voir l'IA remplacer le cerveau des enfants. Il critique la position du ministre qui veut instaurer une heure d'éducation à l'IA pour tous les élèves de seconde tout en réduisant les écrans et en interdisant le portable en seconde, qualifiant cette approche de « schizophrène ».

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Attractivité du métier d'enseignant et effectifs par classe

Sur le concours d'enseignant à bac +3, Rémy Landri juge que c'est une première réponse mais qu'il faut voir si cette formation est satisfaisante. « Aujourd'hui, 10 % des heures ne sont pas remplies dans les établissements, ce qui est énorme. » Il estime que baisser le nombre d'élèves par classe reste le meilleur moyen d'avoir de la qualité. « On a l'impression qu'on oppose la logique budgétaire et l'intérêt des élèves. Pour nous, parents, c'est inacceptable. »