Dans une interview accordée au Point, l'enseignante et chercheuse en neurosciences Céline Alvarez affirme que les enfants sont capables de lire leurs premiers mots dès la fin de la petite section de maternelle. Cette affirmation repose sur une approche pédagogique qu'elle a développée et expérimentée dans des classes maternelles, en s'appuyant sur les mécanismes naturels d'apprentissage du cerveau.
Une approche fondée sur les neurosciences
Céline Alvarez explique que le cerveau des jeunes enfants est particulièrement réceptif à l'apprentissage de la lecture, à condition de respecter certains principes. « Les enfants sont capables de lire leurs premiers mots dès la fin de la petite section », déclare-t-elle, citant des résultats observés dans sa propre classe. Selon elle, cette capacité n'est pas innée, mais elle peut être développée grâce à un environnement adapté.
L'approche d'Alvarez repose sur la manipulation de lettres mobiles, l'écoute de sons et la répétition de mots simples. Elle insiste sur l'importance de laisser l'enfant progresser à son rythme, sans pression ni compétition. « L'enfant apprend naturellement, comme il apprend à parler », précise-t-elle.
Des résultats concrets observés en classe
Dans sa classe de maternelle, Céline Alvarez a mis en place des ateliers où les enfants manipulent des lettres rugueuses, des cartes de mots et des jeux phonétiques. Elle affirme que, dès la fin de la petite section, certains enfants parviennent à déchiffrer des mots tels que « chat », « soleil » ou « maman ». Selon elle, ces résultats ne sont pas exceptionnels, mais témoignent d'une capacité universelle du cerveau humain.
« J'ai vu des enfants de 3 ans lire leur premier mot, et cela change leur regard sur l'école », raconte-t-elle. Elle ajoute que cette approche permet également de réduire les inégalités scolaires, car elle s'adresse à tous les enfants, quel que soit leur milieu social.
Une méthode qui suscite le débat
Les déclarations de Céline Alvarez ne font pas l'unanimité dans le milieu éducatif. Certains experts estiment que l'apprentissage de la lecture à un âge aussi précoce pourrait être contre-productif. « Il faut laisser les enfants jouer et explorer, sans les presser à lire », explique un psychologue scolaire interrogé par Le Point, qui préfère rester anonyme.
Malgré ces critiques, Céline Alvarez continue de défendre sa méthode. Elle souligne que son approche ne vise pas à « forcer » les enfants, mais à leur offrir des outils adaptés à leur développement neurologique. « Les neurosciences montrent que le cerveau est prêt à apprendre la lecture dès 3 ans, à condition de le faire dans le jeu et la découverte », conclut-elle.
L'enseignante prévoit de publier prochainement un guide pratique destiné aux parents et aux enseignants, afin de diffuser plus largement ses méthodes. En attendant, ses classes continuent d'accueillir des enfants de maternelle, avec des résultats qui, selon elle, parlent d'eux-mêmes.



