L'ancien palais de justice de Brignoles sauvé : un hôtel de luxe en projet
Ancien palais de justice de Brignoles : avenir fixé

Ce mercredi 19 août 2026, une réunion décisive s'est tenue dans la petite salle de conférences de l'espace Gavoty à Brignoles pour clarifier l'avenir de l'ancien palais de justice. Le bâtiment, situé en plein centre-ville, était au cœur des tensions entre la municipalité, favorable à une « démolition partielle », et l'association Sites et monuments, qui plaidait pour sa préservation intégrale.

Le 20 mai 2026, le ministère de la Culture a accordé à l'ex-tribunal une instance de classement au titre des Monuments historiques, une « mesure d'urgence » empêchant toute destruction, modification ou altération de l'édifice. Cette décision a rebattu les cartes et ouvert la voie à un projet de restauration.

Une réunion sous le signe de la préservation

Pour trouver une solution pérenne, le maire Didier Brémond a réuni une délégation comprenant Simon Babre, préfet du Var, Claire Rannou, directrice de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) Paca, et Stéphane Bern. L'animateur télévisé, connu pour son engagement en faveur du patrimoine, a été sollicité par le ministère de la Culture. « Il est nécessaire d'offrir une deuxième vie à cet ensemble unique. Sinon, c'est le laisser mourir », a-t-il déclaré. Stéphane Bern s'est engagé à inscrire l'édifice au label « Territoires d'Histoire(s) », un dispositif national visant à accélérer la réhabilitation et la valorisation économique et touristique des sites patrimoniaux remarquables.

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Sandrine Rolengo, déléguée régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur de l'association Sites et monuments, a salué cette avancée : « C'est une excellente nouvelle. Cela va peut-être permettre d'accélérer le processus de restauration du bâtiment. »

Une restauration partielle mais ambitieuse

Claire Rannou a souligné l'importance de la préservation : « Au-delà de l'intérêt historique et culturel de préserver l'édifice, il y a aussi une portée écologique qui entre en jeu. L'impact environnemental d'une démolition totale serait bien plus lourd qu'une requalification. » La directrice de la Drac a précisé que certaines zones, comme des planchers détruits, ne pourront pas être restaurées. « Nous avons vraiment la volonté de conserver l'esprit du lieu en gardant un maximum de traces et de matériaux d'époque. »

La Drac envisage de financer à hauteur de 40 % les premières mesures de sauvetage et compte faire appel à des architectes du patrimoine. « Ces professionnels de la requalification des bâtiments vont nous permettre de conserver au mieux certaines parties du site », a ajouté Claire Rannou.

Un hôtel de luxe en projet malgré les défis

Le maire Didier Brémond reste déterminé à honorer sa promesse de campagne : ouvrir un hôtel de luxe dans les locaux de l'ancien palais de justice. « Nous travaillons depuis plus d'un an sur ce dossier avec le préfet », a-t-il affirmé. Simon Babre a confirmé : « C'est une réflexion qui a mûri au fil des mois. Nous n'avons pas attendu que certains se réveillent pour mesurer l'intérêt patrimonial du bâtiment. »

En attendant, des travaux d'urgence sont nécessaires avant l'hiver. Le toit de l'ancien tribunal s'est partiellement effondré, et une bâche installée en 2020 pour le protéger des intempéries s'est envolée. L'association Sites et monuments préconise l'installation d'un grand parapluie de chantier, un dispositif plus coûteux mais jugé « plus efficace » par Sandrine Rolengo. Le projet de restauration, confié à la société Var aménagement et développement, pourrait aboutir à l'horizon 2030, quelques mois après la fin du chantier de modernisation du musée des comtes de Provence.

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