Béziers généralise l'uniforme scolaire à la rentrée 2026
Béziers : uniforme scolaire généralisé en 2026

À partir de septembre 2026, 4 545 élèves des écoles élémentaires de Béziers sont concernés par la généralisation de l'uniforme scolaire, une promesse de campagne de Robert Ménard. La Ville, après avoir expérimenté le dispositif depuis 2024 dans quatre écoles, a souhaité étendre la mesure. Le trousseau, réduit par rapport à l'expérimentation, est une dotation sans caractère obligatoire.

Un trousseau simplifié : sweat et polo

Alberte Frey, adjointe déléguée à l'Éducation, précise : « Il va y avoir deux sweat-shirts et deux polos. » Les vêtements sont bleu marine pour les sweats et blancs pour les polos, arborant le blason de la Ville de Béziers, sans référence à chaque école. Un formulaire a été adressé aux familles pour commander ce trousseau. La Ville n'attribuera les quatre pièces qu'aux familles en ayant fait la demande. « C'est une dotation qu'on fait aux parents, c'est une aide à la rentrée scolaire », souligne l'élue.

L'expérimentation lancée en février 2024 dans les écoles Chevalière, Riquet-Renan, Mairan et Rolland comprenait un blazer, un pantalon ou une jupe. Ces tenues complètes sont désormais remplacées par le nouveau trousseau. Les enfants des écoles expérimentales conservent leurs anciens uniformes, et ces écoles enregistrent le moins de nouvelles demandes.

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58 % de réservations en dix jours

Dix jours après l'envoi des formulaires, 2 652 réponses avaient été reçues, soit 58 % des familles. Les formulaires peuvent être retournés jusqu'à fin juin, avec la taille de l'enfant, pour une livraison début septembre. « On ne va commander qu'à la demande, il n'y aura pas de stock. Ceux qui n'ont pas commandé avant le 30 juin auront encore la possibilité de le faire en septembre, simplement ils ne seront pas livrés avant les vacances de la Toussaint », explique Alberte Frey.

Un marché annuel de 200 000 € maximum

L'entreprise retenue par la commission d'appel d'offres le 28 mai 2026 est Vendredi 13, située à Lavaur dans le Tarn, spécialisée dans les objets et textiles promotionnels. Pour l'expérimentation, c'était l'entreprise biterroise Pérez peinture qui avait fourni les tenues. Le nouveau marché public prévoit une enveloppe maximale de 200 000 € par année scolaire, avec un accord pouvant être reconduit trois fois. Les critères de sélection comprenaient la valeur technique, le prix et le développement durable. Le fournisseur s'engage à respecter le droit du travail et l'environnement, mais rien n'est spécifié quant au pays de fabrication.

Un bilan positif de l'expérimentation

Depuis 2024, les services de la Ville interrogent les enfants, les parents et les personnels éducatifs chaque semestre. Selon Alberte Frey, « on s'est rendu compte que ça ne réglait pas tous les problèmes mais ça a permis de renforcer la fierté des élèves et le sentiment d'appartenance. Cela évite aussi le conflit du matin pour habiller les enfants, pas besoin de céder aux caprices de la mode. » Elle ajoute : « On a des familles en difficulté, on voulait soulager le budget familial, c'est une véritable aide. Il n'y a pas de caractère obligatoire. Mais 58 % de réservation en 10 jours, cela démontre une vraie attente. »

Distribution et critiques syndicales

Les modalités de distribution ne sont pas encore arrêtées. Des discussions sont en cours avec les directeurs d'école. « Le but, c'est de donner les vêtements dans les écoles, la semaine de la rentrée », indique l'adjointe. Le syndicat Unsa a saisi le Directeur académique des services de l'Éducation nationale pour dénoncer « l'ingérence » d'un élu sur le fonctionnement des écoles et « une absence de concertation avec les équipes ». Le port n'étant pas obligatoire, la mesure n'a pas été discutée dans les conseils d'école. Alberte Frey a réagi : « Le syndicat devrait plutôt jouer son rôle. Ça m'agace, il y a assez de conflits comme ça, pas besoin d'en créer d'autres. C'est une polémique stérile. Il y a tellement de familles en difficulté. On essaie juste de les aider. Politiser le débat, je ne vois pas l'intérêt. »

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