Bac 2026 : la nouvelle épreuve de maths en première, dernier acte de sept ans d'atermoiements de la réforme du lycée
Après sept années de débats, de reports et de modifications, la réforme du lycée touche à sa fin avec l'instauration d'une nouvelle épreuve de mathématiques en classe de première, à compter du bac 2026. Cette décision, annoncée par le ministère de l'Éducation nationale, vise à renforcer le niveau en mathématiques des élèves, mais suscite déjà des réactions contrastées parmi les enseignants et les syndicats.
Un parcours chaotique pour la réforme
La réforme du lycée, initiée en 2019, a connu de nombreux rebondissements. Initialement, les mathématiques étaient reléguées au rang d'option en première, ce qui avait provoqué une baisse significative du nombre d'élèves suivant cet enseignement. Face à ce constat, le gouvernement a décidé de réintroduire une épreuve obligatoire de mathématiques en fin de première, à compter de la session 2026.
Cette nouvelle épreuve, d'une durée de deux heures, portera sur le programme de mathématiques de la classe de première, commun à toutes les séries. Elle sera coefficient 5 pour le baccalauréat général et technologique. Les élèves devront également choisir une spécialité mathématiques en terminale s'ils souhaitent approfondir la matière.
Les enjeux pédagogiques
Pour le ministère, cette mesure vise à garantir un socle commun de compétences mathématiques pour tous les lycéens. Les mathématiques sont considérées comme une discipline fondamentale pour la formation de l'esprit critique et l'accès à de nombreuses filières supérieures scientifiques et techniques.
Cependant, certains enseignants redoutent une surcharge de travail pour les élèves et une pression accrue. Les syndicats estiment que cette réforme, bien que nécessaire, aurait dû être mieux préparée et accompagnée de moyens supplémentaires. Ils soulignent également le manque de professeurs de mathématiques, qui pourrait compromettre la mise en œuvre de cette nouvelle épreuve.
Les réactions des acteurs concernés
Du côté des élèves, les avis sont partagés. Certains se réjouissent de voir les mathématiques revalorisées, tandis que d'autres, moins à l'aise avec cette matière, redoutent une difficulté supplémentaire. Les parents d'élèves, quant à eux, attendent de voir les modalités pratiques et les aménagements possibles pour les élèves en difficulté.
Les associations de professeurs de mathématiques, comme l'APMEP, saluent le retour d'une épreuve obligatoire, mais insistent sur la nécessité de former et recruter davantage d'enseignants. Elles appellent à une réflexion plus large sur l'enseignement des mathématiques au lycée, incluant des approches pédagogiques innovantes.
Un calendrier serré
La mise en place de cette épreuve se fera progressivement. À partir de la rentrée 2025, les programmes de première seront adaptés pour préparer les élèves à cette évaluation. Les premières épreuves auront lieu en juin 2026. Le ministère prévoit une évaluation de la réforme après les premières sessions, afin d'ajuster si nécessaire.
En attendant, les lycéens actuels de seconde devront choisir leurs spécialités en tenant compte de cette nouvelle donne. L'accent mis sur les mathématiques pourrait influencer les choix d'orientation, avec une possible hausse des inscriptions dans les filières scientifiques.
Cette réforme marque un tournant dans l'histoire du baccalauréat, qui n'a cessé d'évoluer depuis sa création. Reste à savoir si elle permettra d'atteindre les objectifs de réussite et d'égalité des chances promis par le gouvernement.



