Depuis la rentrée, une douzaine de collégiens de l'institut Sainte Jeanne d'Arc de Brignoles participent à des séances de médiation animale en présence de Balto, un chien âgé de cinq ans, croisé berger de tervueren et berger de Majorque. Ces heures, organisées deux jeudis par mois sur la pause méridienne, visent à réduire le stress des élèves et à favoriser leur apprentissage autrement.
Un dispositif pensé pour les élèves fragilisés
Le groupe est composé d'élèves de la classe Ulis (Unité localisée pour l'inclusion scolaire) ou identifiés avec des troubles « Dys » (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, dysgraphie ou trouble du développement du langage oral). Pendant les séances, les élèves travaillent sur les émotions avec Astrid Contessa, éducatrice canine, pendant que Balto se promène, s'allonge entre eux ou réclame des caresses.
Ce projet a été mis en place par Marie-Christine Laussucq, professeure d'espagnol et enseignante à Jeanne d'Arc depuis 35 ans, avec l'aide de Mme Serreau, qui a depuis changé d'établissement. « Je voulais moi-même faire une formation de formatrice et j'avais besoin d'un projet. Je me suis lancée sur le sujet de la médiation animale, et j'ai rencontré Astrid », relate la professeure. L'an dernier, Mme Serreau a contacté des CM2 pour identifier des élèves susceptibles d'en bénéficier, puis l'équipe a communiqué auprès des parents, qui ont été réceptifs.
Des effets immédiats sur le bien-être des élèves
Les retours sont positifs. Émilie, élève de sixième, confie : « Ça m'aide à être moins stressée par l'environnement. » Sa camarade Emmy ajoute : « D'habitude, c'est comme si j'allais avoir une évaluation, je suis toujours un peu stressée. Mais avec Balto, ça me détend. » Astrid Contessa, qui intervient également dans une ferme thérapeutique à Aubagne, dans un Ehpad, en Itep ou en milieu carcéral, explique : « Le chien est éduqué pour être en contact avec les gens, les enfants, prendre du plaisir à ce qu'il fait, mais il n'est pas dressé pour entrer dans le processus d'apprentissage. L'animal est présent à sa façon, mais chez les jeunes, ça a un côté rassurant. »
L'éducatrice observe des changements rapides : « Lors de la première séance, j'avais une élève qui ne parlait pas. Je lui ai proposé de faire équipe avec Balto et elle a tout de suite été plus réactive. La présence animale permet de briser la glace. » Marie-Christine Laussucq partage cet enthousiasme : « Nous avons déjà eu le retour de parents qui nous disent que, maintenant, leur fille a envie d'aller à l'école. »
Un projet qui vise aussi la réussite scolaire
Au-delà de l'apaisement, l'objectif est d'aider les élèves dans leur parcours scolaire. « On va faire de l'écriture, de la lecture, du calcul. L'enjeu est de les aider dans leur parcours scolaire », précise Astrid Contessa. Un bilan sera dressé à la fin de chaque trimestre, et l'enseignante envisage de pérenniser et d'élargir le dispositif. « J'envisage d'ici la fin de l'année, de venir avec mon chien, pour mettre en place des moments de repos au CDI, que les jeunes puissent parler de leur orientation, de leurs angoisses. On voit que la présence de l'animal éloigne les inquiétudes, les pensées négatives. »
Les élèves laissent d'ailleurs des petits mots sur le harnais de Balto à la fin des séances : « Je suis heureuse, je me détends plus que d'habitude », « Merci Balto d'être avec moi, je suis très contente d'être avec toi ». Ces témoignages confirment l'impact positif de cette médiation animale sur le moral et la motivation des collégiens.