Le phénomène du pet parenting gagne du terrain en France, où le chien n'est plus simplement un animal de compagnie mais devient un véritable membre de la famille. Selon une étude récente, 68 % des propriétaires français considèrent leur chien comme un enfant à part entière. Cette tendance, venue des États-Unis, modifie en profondeur les relations entre les humains et leurs animaux.
Une nouvelle place pour le chien dans le foyer
Le pet parenting se caractérise par une attention accrue portée au bien-être du chien, comparable à celle accordée à un enfant. Les propriétaires n'hésitent pas à investir dans des accessoires de luxe, une alimentation premium, des soins vétérinaires réguliers et même des services de garde ou de promenade. Selon une enquête de la Fédération des industries de la santé animale, le budget annuel moyen pour un chien en France est passé de 1 200 euros en 2015 à 1 800 euros en 2023.
Des dépenses en hausse constante
Les secteurs de l'alimentation et des soins pour animaux connaissent une croissance soutenue. Les aliments bio ou sans céréales représentent désormais 25 % des ventes dans les animaleries, d'après une étude de Kantar. Les propriétaires sont également prêts à payer pour des services de garde ou de toilettage haut de gamme. « Mon chien a son propre agenda avec des activités d'éducation canine et des promenades en forêt », témoigne Sophie, 34 ans, propriétaire d'un labrador.
Un impact sur les modes de vie
Cette tendance influence aussi les décisions de vie des propriétaires. Près de 40 % des personnes interrogées déclarent avoir choisi leur logement en fonction des besoins de leur chien, selon une enquête de l'Ifop pour la Société protectrice des animaux. Les espaces verts à proximité et la présence d'un jardin sont devenus des critères déterminants. Certains employeurs proposent même des congés pour animaux de compagnie, comme le fait la société française DoggyVacances.
Une évolution des mentalités
Le pet parenting reflète une évolution sociétale plus large, où l'animal est perçu comme un soutien émotionnel et un compagnon de vie. « Le chien n'est plus un gardien ou un outil de travail, il est un ami, un confident », explique le sociologue Jean Viard. Cette humanisation de l'animal suscite toutefois des débats : certains spécialistes alertent sur les risques de surprotection ou d'anthropomorphisme excessif.
Conséquences pour les professionnels
Les vétérinaires constatent une demande croissante de soins préventifs et de médecine alternative, comme l'acupuncture ou l'ostéopathie canine. « Les propriétaires sont prêts à tout pour le bien-être de leur animal », note le Dr. Marie Dupont, vétérinaire à Paris. Le marché du pet parenting devrait atteindre plus de 300 milliards d'euros dans le monde d'ici 2030, selon un rapport de Grand View Research.
Une tendance qui interroge
Si le pet parenting renforce le lien entre l'homme et l'animal, il soulève aussi des questions éthiques. Les chiens sont-ils vraiment heureux d'être traités comme des humains ? Pour répondre à cette interrogation, des études comportementales sont en cours. En attendant, la tendance ne montre aucun signe d'essoufflement : un Français sur deux possède désormais un animal de compagnie, selon la Fédération des fabricants d'aliments pour animaux de compagnie.



