L'Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône, le Var et la Corse sont en vigilance orange canicule jusqu'au 22 juillet, tandis que l'Aude et les Pyrénées-Orientales sont en vigilance jaune. Avec le retour des fortes chaleurs, un réflexe simple mérite d'être rappelé avant de fermer la voiture : penser à ce qu'on laisse à l'intérieur.
Pourquoi l'habitacle chauffe si vite ?
Une étude publiée dans la revue scientifique Pediatrics a mesuré la montée en température d'un habitacle fermé : même par 22 à 36 °C dehors, environ 80 % de la hausse se produit dès les trente premières minutes. Au bout d'une heure, l'intérieur peut dépasser 45 °C, voire approcher 50 °C selon l'ensoleillement. Entrouvrir les vitres ne change quasiment rien, précisent les chercheurs. De quoi transformer certains objets du quotidien en véritable danger en quelques minutes à peine.
Le briquet, premier coupable
Parmi tous les objets du quotidien, le briquet jetable arrive en tête des dangers, selon une enquête du Tribunal du Net. Il contient du butane sous pression, avec un seuil critique autour de 50 °C, atteint en à peine un quart d'heure dans une voiture fermée. Passé ce seuil, le boîtier en plastique peut céder brutalement, provoquant une explosion nette, parfois accompagnée d'une flamme. Chaque été, les pompiers interviennent pour des débuts d'incendie causés par un simple briquet oublié dans un vide-poche ou sur le tableau de bord. Mieux vaut donc toujours le garder sur soi, dans une poche ou un sac, plutôt que de le laisser traîner dans l'habitacle.
Les bombes aérosols, sous pression elles aussi
Déodorant, laque, mousse à raser, crème solaire en spray ou antimoustique fonctionnent sur le même principe. La plupart de ces produits ne sont conçus pour résister qu'à des températures autour de 50 °C. Au-delà, la pression interne augmente et le récipient peut éclater, voire exploser dans les cas les plus extrêmes. Un simple sac isotherme, ou le réflexe de les rentrer chez soi-même pour un arrêt de courte durée, suffit à écarter le risque.
Téléphones et batteries, sensibles à l'emballement thermique
Téléphones, tablettes, ordinateurs portables, montres connectées, batteries externes et cigarettes électroniques embarquent tous des batteries lithium-ion, qui supportent mal la chaleur. Passé 60 °C, une batterie lithium peut entrer en emballement thermique, une réaction en chaîne où la température interne grimpe de façon exponentielle. En quelques secondes, la batterie gonfle, fume, puis peut s'enflammer, avec parfois des projections de flammes. Ces appareils doivent donc plutôt voyager dans un sac ou une poche que sur le tableau de bord ou dans la boîte à gants.
Le danger n'est pas toujours explosif
Chauffé au-delà de 50 °C, le plastique des bouteilles d'eau libère du bisphénol A et des phtalates, des substances jugées cancérogènes. Autant vider sa bouteille avant de partir ou l'emporter avec soi, plutôt que de la laisser sur le siège ou dans la portière. Les médicaments méritent la même vigilance : la plupart doivent être conservés au frais, au sec et à l'abri de la lumière, et une chaleur excessive peut réduire leur efficacité, voire les rendre dangereux à utiliser. Les traitements sensibles comme l'insuline, certains antibiotiques ou les patchs sont particulièrement concernés.
Le risque insoupçonné
Autre danger signalé par le média britannique Fleet News : des lunettes de vue ou de soleil à verres convexes peuvent, en concentrant les rayons du soleil comme une loupe, mettre le feu à un matériau inflammable à proximité, un tissu de siège ou une feuille de papier par exemple. Avec plusieurs départements du Languedoc encore en vigilance cette semaine, le bon réflexe reste le même chaque fois qu'on gare sa voiture au soleil : un dernier coup d'œil à l'intérieur avant de fermer les portières, pour vérifier qu'aucun de ces objets n'y est resté.



