Un défenseur de la cause animale a réussi à sauver une langouste rouge proposée à la carte d'un restaurant de Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes. Stéphane Lamart, militant reconnu dans le milieu de la protection animale, a racheté le crustacé au prix de 300 euros le kilo pour le relâcher en mer. L'animal, qui devait finir sur un plateau de fruits de mer, a retrouvé son milieu naturel après une intervention déterminée du client.
Un sauvetage improvisé au restaurant
Tout s'est joué lors d'un dîner dans un établissement de la commune. En voyant la langouste vivante sur le plateau, Stéphane Lamart a immédiatement réagi. « Je l'ai vue vivante en train de bouger ses antennes et j'ai immédiatement pété un câble. J'ai demandé comment était-ce possible qu'on puisse proposer le corps de cet animal vivant et de le tuer », a-t-il confié à Nice-Matin. Face à son insistance, le restaurant a accepté de mettre la langouste de côté le temps du repas.
Après avoir réglé l'addition, le militant est reparti avec le crustacé sur un plat, direction le bord de mer pour le remettre à l'eau. Un geste symbolique qui illustre son engagement quotidien pour la cause animale.
Un crustacé sensible et déterminé
Selon Stéphane Lamart, la langouste a montré des signes de vie dès qu'elle s'est approchée de l'eau. « Sa queue s'est remuée à l'approche de l'eau quand je m'apprêtais à la relâcher. Ce sont des crustacés extrêmement sensibles et elle n'avait qu'une envie, c'était de repartir dans son milieu naturel », a-t-il assuré. Une preuve, selon lui, de la sensibilité de ces animaux souvent considérés comme de simples produits de consommation.
Le militant en profite pour rappeler que la langouste rouge est une espèce protégée, avec une taille minimale de capture fixée à 11 cm pour la carapace, comme le précise Nice-Matin. Une réglementation qui vise à préserver les populations, mais qui n'empêche pas la consommation massive de ces crustacés.
Un combat plus large contre la souffrance animale
Ce sauvetage s'inscrit dans un combat plus vaste mené par Stéphane Lamart. Il milite activement pour que les crustacés ne soient plus ébouillantés vivants ou tués d'un coup de couteau, et plaide pour une « mise à mort rapide », par exemple sur une plaque électrique, comme il a pu l'observer en Suisse. Une pratique qu'il juge plus humaine et qu'il aimerait voir généralisée en France.
« Cette fois-ci, j'ai pu changer le destin de cet animal, mais malheureusement, je sais qu'il y en aura d'autres », a-t-il déploré. Un constat alarmant alors que les chiffres de la consommation restent élevés. En 2024, les ménages français ont acheté pas moins de 230 tonnes de langoustes, selon les données de France AgriMer. Une quantité qui a légèrement diminué ces dernières années, mais qui reste significative.
Un geste qui interpelle sur nos habitudes alimentaires
Cette anecdote, rapportée par nos confrères de Nice-Matin, relance le débat sur le traitement des animaux marins dans la restauration. Si certains considèrent ce geste comme anecdotique, il met en lumière les conditions de vie et de mort des crustacés dans nos assiettes. Stéphane Lamart espère que son action sensibilisera le public et les professionnels du secteur.
En attendant, la langouste de Roquebrune-Cap-Martin a retrouvé la liberté, une victoire pour le militant et tous ceux qui partagent son combat. Une histoire qui prouve qu'un simple geste peut faire la différence, même face à une tradition culinaire bien ancrée.



