Sur le tournage de la série Bugarach, installé quelques jours dans le hall du Corum de Montpellier, une vingtaine d'acteurs et de figurants s'activent. Mais tout ce beau monde doit être habillé. Morgane Lambert, cheffe costumière de la saison 2, chine et flaire les bonnes affaires pour habiller les comédiens. Elle privilégie la seconde main, à la fois par choix et par contrainte budgétaire.
Une logistique rodée pour habiller toute l'équipe
Dans le HMC, la loge dédiée à l'habillage, le maquillage et la coiffure, une dizaine de mètres de linéaire de penderie s'étend. « On a beaucoup de choses ici », explique la styliste de 51 ans. Des costumes cintrés, des combinaisons des forces armées, des jupes colorées ou des blouses d'infirmiers s'y côtoient. Il reste près de 150 pièces sur place, car le tournage touche à sa fin.
Pour ne pas se perdre dans ce dédale de vêtements, l'équipe fonctionne avec des sacs étiquetés et numérotés. « Ils sont distribués chaque jour aux acteurs et aux figurants et contiennent tous les éléments nécessaires à leurs costumes », précise Morgane Lambert. Elle peut compter sur les trois membres de son équipe pour concevoir l'ensemble des costumes.
Un mois et demi pour concevoir tous les costumes
Penser et concevoir tous les costumes d'une série demande un travail au long cours. « On a mis un mois et demi pour penser et concevoir l'ensemble des costumes présents sur la saison 2 de Bugarach », indique la cheffe costumière. Plusieurs étapes sont nécessaires : la lecture des scénarios, la livraison des premiers visuels, les discussions avec le réalisateur et les acteurs, l'achat des vêtements, les essayages…
Les vêtements proviennent de différentes sources. Certaines pièces sont neuves, achetées dans le commerce, comme les belles vestes en cuir. Mais beaucoup sont de seconde main, chinées. D'autres sont louées, notamment les tenues militaires récupérées chez Action Sud 66, une entreprise qui met à disposition du matériel professionnel. « Les gilets pare-balles que vous voyez ici sont d'ailleurs des vrais », sourit Morgane Lambert.
La seconde main, un choix écologique et économique
Pourquoi privilégier la seconde main ? « C'est à la fois un choix mais aussi une contrainte », explique-t-elle. Les vêtements d'occasion ont du vécu, sont patinés, un peu fatigués, ce qui leur donne une histoire et les rend plus crédibles à l'écran. De plus, ils sont généralement moins chers que les pièces neuves. « Comme notre budget n'est pas extensible, c'est forcément intéressant », ajoute-t-elle.
Il y a aussi une dimension écologique. « La seconde main permet de limiter la production de nouveaux vêtements, de réduire la consommation d'eau et, plus largement, notre impact environnemental. C'est donc quelque chose qu'on privilégie autant que possible », insiste Morgane Lambert.
La fin du tournage approche, mais le travail continue
Les derniers jours de tournage ne signifient pas la fin des missions pour la cheffe costumière. « Il me reste encore beaucoup de choses à faire… On doit préparer certaines pièces qui vont être rendues aux loueurs. On a aussi plein de petites missions à régler », confie-t-elle. Certains acteurs se sont attachés à un vêtement et veulent le récupérer. « Sur Bugarach ce sera peut-être le cas, on verra. On organise aussi parfois des braderies pour les collaborateurs… Plein de petites choses… Les vacances, ce n'est pas encore pour le moment », conclut-elle avec un rire.
La série Bugarach, diffusée sur France TV, reviendra pour sa saison 2 en début d'année 2027. Les costumes, pensés dans les moindres détails, contribuent à l'immersion dans cet univers de science-fiction, avec une approche à la fois créative et responsable.



