Arnaques aux climatiseurs mobiles : des centaines d'euros perdus en ligne
Arnaques aux climatiseurs mobiles : des centaines d'euros perdus

Alors que la France s'apprête à vivre sa quatrième canicule de l'année 2026, les arnaques aux climatiseurs mobiles se multiplient sur internet. Selon la DGCCRF, près de 700 signalements ont été déposés sur la plateforme SignalConso depuis le 1er juin, principalement pour défauts de livraison et pratiques commerciales trompeuses. Plusieurs victimes ont témoigné auprès de Midi Libre, racontant des pertes allant de 80 à plus de 200 euros.

Des victimes partout en France

À Cébazat (Puy-de-Dôme), Gérard ne décolère pas : « C'est l'arnaque du siècle ». Après avoir commandé deux appareils sur le site Get-Epicooler pour un peu plus de 220 euros, il découvre que l'entreprise est basée à Vilnius, en Lituanie. « Là, je me suis dit : ça sent l'embrouille ». Dix minutes après sa commande, il tente de l'annuler, mais le service client lui répond que la commande est déjà partie. Malgré une demande de rétractation, aucun remboursement n'a été effectué. Près d'un mois plus tard, Gérard attend toujours et précise : « Je vais refuser le colis. Les rares clients qui l'ont reçu disent que ce n'est pas un climatiseur, mais une sorte de caisson, de la "daube" ».

Liliane, une Alsacienne, a commandé un appareil Epicooler à 137,99 euros, mais le montant a été majoré à 157,97 euros lors de la saisie de ses coordonnées bancaires. Elle n'a pu joindre le service client, dont l'adresse mail était falsifiée et injoignable. Débitée immédiatement, elle a reçu l'appareil après un mois : « un souffleur de qualité médiocre, léger comme un jouet » et « inefficace donc mensonger ». Elle a contacté sa banque et signalé l'arnaque sur Econsumer.gov, car l'entreprise est en Lituanie. « Je me suis fait piéger par méconnaissance du fonctionnement technique d'un climatiseur de qualité », regrette-t-elle.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des sites imitant des enseignes connues

À Toulouse, Valérie a dépensé 84 euros sur un faux site imitant celui de la Fnac. Aucun email de confirmation ne lui est parvenu et l'adresse de contact est restée sans réponse. En appelant sa banque, elle découvre que le bénéficiaire est en réalité un magasin de vêtements. L'établissement refuse de la rembourser car elle a validé le paiement avec le Certicode. « Je n'arrive bien sûr plus à me connecter sur ce site », témoigne-t-elle. Elle attend désormais un autre climatiseur commandé sur Cdiscount, bloqué en douane depuis près d'un mois.

À Beaumont-du-Périgord (Nouvelle-Aquitaine), Annie a payé 174,90 euros sur le site Clim Destock. À la réception, elle découvre un simple morceau de plastique, sans rapport avec l'appareil commandé. « Je n'ai rien tenté pour me faire rembourser car j'ai compris que c'était une arnaque », confie-t-elle, résignée.

Des remboursements refusés par les banques

À Villars-les-Dombes (Auvergne-Rhône-Alpes), Sandrine n'a jamais reçu l'appareil acheté près de 200 euros le 9 juillet sur Passion Maison Couture. Sa banque lui a opposé la validation du paiement : « Ma conseillère m'a répondu que c'était à moi de faire attention », rapporte-t-elle, amère.

Même déconvenue pour Patrice, près de Crêches-sur-Saône (Bourgogne-Franche-Comté) : après avoir payé 149,90 euros un climatiseur mobile sur un site « qui avait l'air très sérieux », il a vu celui-ci disparaître deux semaines plus tard. « Je me suis bien fait avoir, et adieu mes 149,90 euros ».

La canicule a provoqué une ruée sur les climatiseurs, entraînant des ruptures de stock en magasin et une pénurie en Europe. Des vendeurs peu scrupuleux en profitent, notamment en ligne. La DGCCRF rappelle aux consommateurs d'être vigilants face aux offres trop alléchantes et de vérifier la fiabilité des sites avant tout achat.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale