Depuis plus d'un an, fumer sur la plage de Palavas-les-Flots peut coûter 135 euros d'amende, une mesure qui surprend certains touristes étrangers. Malgré les panneaux d'interdiction, de nombreux fumeurs persistent, soulignant un manque de communication.
Une amende de 135 euros pour les fumeurs de plage
Assise sur la plage de Palavas-les-Flots, les cheveux mouillés par la baignade, Léa n'a pas pu résister à l'appel de la cigarette. « J'ai mon petit cendrier de poche pour ne pas laisser mon mégot sur le sable », affirme la jeune femme de 29 ans. Quant au fait que la fumée puisse déranger son voisinage, elle répond : « Je me mets toujours en retrait, j'essaie de gêner personne. Si jamais on me demande d'arrêter : j'arrête », certifie-t-elle. Cette Palavasienne est une native du front de mer. Alors, le petit plaisir d'allumer sa cigarette sur sa serviette de plage, c'est une habitude dont elle a du mal à se défaire. « Cette interdiction concerne les gens irresponsables », argue-t-elle avant d'ajouter, « C'est dommage d'en arriver là ».
Une habitude qui peut depuis plus d'un an coûter cher. Depuis le 29 juin 2025, le décret prévoit une amende de 135 euros pour les fumeurs de plage. En cas de contestation, de récidive, ou de refus d'obtempérer, l'amende peut atteindre 750 euros.
Une interdiction méconnue des touristes étrangers
Une peine conséquente qui n'est pas connue de certains fumeurs comme Sofiga, une touriste serbe tout juste arrivée en France pour quelques jours. Chapeau de paille sur la tête, la femme arbore sa cigarette tranquillement. « Je n'étais pas au courant, chez moi ça n'existe pas les lieux en plein air interdits aux fumeurs », explique la quarantenaire. Avec surprise elle juge ce décret trop strict. « Ce n'est pas l'idée que je me fais de la culture française, explique-t-elle en riant, pour moi ce sont les pays de l'Europe du nord comme le Danemark qui interdisent certains lieux aux fumeurs ».
Depuis le 29 juin 2025, de nombreux lieux publics fréquentés par les enfants sont désormais interdits aux fumeurs. Les parcs, jardins, établissements scolaires, abribus ou encore les abords des bibliothèques font partie des lieux réglementés.
Christian Jeanjean : « L'interdiction porte ses fruits »
Le maire de Palavas-les-Flots se dit très satisfait de ce décret. Interrogé sur les résultats constatés un an après, il déclare : « On a vu une réduction drastique de la quantité de déchets. Les résultats sont vertigineux, on a petit à petit réduit de 80 à 90 % la quantité de mégots ramassés. Avant ce décret, on remplissait des sacs entiers de mégots chaque jour, que l'on envoyait à Marseille dans une usine spécialisée. Ce sont ces quantités impressionnantes, qui ont rendu l'interdiction nécessaire : petit à petit l'interdiction porte ses fruits ».
Interrogé sur les moyens de communication mis en place, il répond : « On a mis en place une campagne d'affichage. Plus d'une cinquantaine de panneaux au sein de la commune ont été mis en place au cours de ces derniers mois. Mais au-delà de l'échelle locale, c'est une campagne nationale. Ceux qui prétendent ne pas connaître l'interdiction le font exprès ».
Comment surveiller sept kilomètres de plage ?
Les policiers municipaux patrouillent la journée sur la plage en période estivale. « Ils ne peuvent pas être partout : certains vacanciers surveillent aussi. Nous avons installé pour l'été un poste avancé de la police municipale directement sur le front de mer », précise le maire.
Si les touristes étrangers comme Sofiga peuvent être surpris, beaucoup affirment être au courant de la réglementation. C'est le cas d'Audrey, venue de la région parisienne pour les vacances : « J'en ai entendu parler à la télévision et sur les réseaux sociaux, je pense que tout le monde est au courant maintenant », s'étonne la trentenaire.
Un manque de communication persistant
Pourtant, sa sœur juste assise à côté d'elle affirme découvrir cette nouvelle règle : « pour moi, tant qu'on est en plein air, les gens devraient faire ce qu'ils veulent », soutient-elle, « je n'ai vu aucun panneau indiquant que c'était interdit depuis le début des vacances », finit-elle par ajouter. Le long de la promenade du front de mer, de nombreux panneaux bordent pourtant la plage signalant l'interdiction de fumer.
Du côté du poste de secouriste, Noé affirme voir de nombreuses personnes continuer à fumer. « On fait de la prévention quand on a le temps », explique le sauveteur, « j'ai fait plusieurs saisons en Vendée et fumer était déjà interdit sur certaines plages depuis plusieurs années. Il y avait moins de fumeurs que sur la plage de Palavas. »
Une communication jugée également insuffisante pour Charline, maman d'un petit garçon de trois ans. « Les gens ne remarquent pas les panneaux », déclare la Montpelliéraine. La jeune femme est résolument pour cette interdiction, « je n'ose pas toujours dire que ça me dérange, explique-t-elle, en tant que non fumeuse et maman d'un petit garçon : cette interdiction me facilite la vie », lance-t-elle.
Est-il interdit de vapoter sur les plages ?
À l'échelle nationale, le vapotage est toléré sur les plages. Cependant chaque commune peut instaurer une réglementation par arrêté municipal. Pour le moment, l'interdiction ne concerne pas les communes du front de mer de Montpellier (Palavas-les-Flots, Carnon, Villeneuve-lès-Maguelone et La Grande-Motte). Avant de partir en vacances, il est donc conseillé de vérifier la réglementation avant de sortir sa cigarette électronique. Néanmoins le décret national interdit formellement de fumer la chicha sur les lieux publics.



