Le peloton du Tour d'Espagne a quitté la Principauté de Monaco ce dimanche à midi, après 72 heures qui ont fait vivre le pays à l'heure du cyclisme. Les autorités monégasques saluent un « sans-faute » dans l'organisation de ce Grand Départ, marqué par une affluence d'environ 10 000 personnes et des images télévisées vues par des dizaines de millions de téléspectateurs.
Un départ princier et une course pour la paix
Alignés face au Palais princier, les 184 coureurs – dont Tadej Pogacar – ont pris un départ fictif ce dimanche matin, donné à midi tapantes par le prince Albert II devant son palais. Quelques minutes avant les professionnels, le Souverain avait lancé la course de l'association Peace and Sport, réunissant une cinquantaine de cyclistes engagés pour une « Ride for peace », plaçant les valeurs de la paix par le sport comme cardinales dans notre monde actuel.
D'un coup de pédale déterminé la veille, Tadej Pogacar avait pris la tête dès son lancement de la 81e Vuelta, remportant le contre-la-montre initial avec une avance de 9 centièmes. Les spectateurs, renonçant à chercher l'ombre, se sont massés place du Palais et sur le parcours du peloton, qui s'est offert une dernière virée dans les rues de la Principauté jusqu'au plus haut du boulevard du Jardin exotique.
Un bilan « optimal » selon le ministre d'État
Le grand barnum hispanique parti, l'heure était au bilan en Principauté. Positif, à l'image du sourire satisfait du ministre d'État, Christophe Mirmand, assurant que tout s'est déroulé « de façon optimale, y compris sur le plan météorologique ». Le chef du gouvernement a salué le travail d'une année « dans une grande confiance avec les organisateurs de La Vuelta et les équipes du département de l'Intérieur principalement », y voyant un nouveau témoignage du « professionnalisme dans l'organisation de ces événements à Monaco et de la capacité de la Principauté de toujours rayonner à l'international ».
Côté fréquentation, l'ambiance était là. Pas celle des grands soirs, mais une affluence nourrie, « probablement une dizaine de milliers de personnes, voir plus » souligne le ministre d'État. « Je n'ai pas encore les chiffres définitifs, mais il y a eu du monde sur le parcours samedi. »
Un parcours salué par les organisateurs
De quoi faire souffler Christian Tornatore, commissaire générale de ce Grand Départ, qui collectionnait hier matin les messages de félicitations. « Le parcours a été difficile à tracer, je n'étais pas certain du résultat, mais il a plu aux organisateurs de la course. » L'expert, qui a piloté tant de courses sur le bitume monégasque, a même été bluffé par la performance de Pogacar en vitesse samedi. « Je ne pensais pas qu'il allait forcer au point de l'emporter de 9 centièmes, il avait sûrement tout calculé. »
Autre coup de poker du week-end, celui de la SBM, autorisant les cyclistes à pédaler sur le marbre du sacro-saint Atrium du Casino de Monte-Carlo. « Il faut rappeler que c'est une idée du prince Albert II d'accueillir La Vuelta en Principauté » souligne Stéphane Valeri, président-délégué de la SBM, partenaire privé principal de ce rendez-vous. « Au fond c'est une histoire qui fait partie de l'ADN de la SBM qui a toujours soutenu le sport en Principauté. La société a donné sa caution financière pour l'organisation du premier Grand Prix. Et en 1920 déjà, le Criterium de la Montagne, s'était élancé de la Principauté avec les finances de la SBM. »
Un siècle plus tard, le départ depuis l'Atrium avait de la gueule. « Probablement l'un des plus beaux de l'histoire récente de La Vuelta » renchérit Stéphane Valeri, « les images à la télévision étaient magnifiques et ce sont plus de dizaines de millions de téléspectateurs qui les ont vus. »
Des retombées à étudier pour la SBM
La frange hispanique ne représente qu'1 % de la clientèle de la SBM. Les éventuelles retombées dues à La Vuelta seront donc à étudier dans les mois à venir. Mais les clients n'ont pas manqué ce week-end. « On sait que les amateurs de la Vuelta ne sont pas forcément nos clients des palaces, mais l'événement n'a pas freiné la fréquentation de nos hôtels » glisse Stéphane Valeri, « les taux d'occupation sont conformes à la période, pas loin des 100 %. »



