Le plus grand voilier du monde accusé d'avoir détruit une épave de la Seconde Guerre mondiale
Plus grand voilier accusé de destruction d'épave de guerre

L'épave d'un avion P38 de 1944 a été détruite vendredi 17 juillet dans la baie des Lecques, à Saint-Cyr-sur-Mer. L'accrochage d'une ancre est suspecté, visant le yacht Orient Express Corinthian. Le préfet maritime a interdit le mouillage et envisage une action en justice pour bien culturel dégradé.

Un spectacle de désolation pour les plongeurs

C'est un spectacle de désolation qu'a découvert un club de plongée de Saint-Cyr-sur-Mer, vendredi 17 juillet. Alors qu'il emmenait ses clients visiter l'épave d'un avion américain de la Seconde Guerre mondiale dans la baie des Lecques, il trouve à sa place un tas de ferraille disloquée. Situé à moins de 40 mètres de profondeur, le P38 Lightning abattu en janvier 1944 par les Allemands était pourtant l'une des épaves "les mieux conservées du coin", témoigne auprès de Nice Matin Patrick Bellantonio, moniteur du club de plongée Lecques Aquanaut Center.

Le plus grand voilier du monde visé

Pour les plongeurs, la coupable est toute trouvée : c'est une ancre de bateau qui aurait réduit le vestige en morceaux. Pourtant, "l'épave est clairement indiquée" et, si cette zone de mouillage est "autorisée par arrêté préfectoral" depuis longtemps, il appartient au capitaine d'un navire "de se renseigner sur la présence de l'épave et de faire attention", fait savoir à nos confrères la préfecture maritime de Méditerranée.

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Un navire record pointé du doigt

Reste désormais à savoir qui est le navire responsable de cette coûteuse bourde. Et, dans la baie des Lecques, tous les regards se tournent vers un imposant navire : l'Orient Express Corinthian. D'après le média en ligne Fréquence Sud, ce luxueux trois mâts de 220 mètres de long – un record mondial – a bel et bien mouillé au-dessus de l'épave le jeudi 16 juillet. Dès le lendemain matin, le voilier appartenant aux groupes Accor, LVMH et Millennium a continué sa route vers Cassis puis le port de Marseille où il est arrivé samedi.

Vers une action en justice

Quelques heures après le départ du monumental yacht, une équipe de plongeurs du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), s'est rendue sur place pour constater les dégâts, selon la préfecture maritime. Face à l'ampleur de la destruction, le préfet maritime a pris un arrêté pour interdire le mouillage et la plongée dans ce secteur. Selon nos confrères d'Ici Provence-Alpes-Côte d'Azur, la préfecture envisagerait de mener une action en justice pour "destruction de bien culturel". Pour rappel, la destruction de vestiges archéologiques à l'instar des épaves est un délit puni de 150 000 euros d'amende et jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.

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