Feux d'artifice aux Sablettes : une bouffée pour l'économie locale
Feux d'artifice aux Sablettes : une bouffée pour l'économie

Chaque mercredi soir, entre le 15 juillet et le 26 août, les feux d'artifice des Sablettes à La Seyne-sur-Mer attirent entre 20 000 et 30 000 personnes. Cette initiative privée, portée par Stéphane Lelièvre, gérant du Grand Hôtel des Sablettes, est un succès populaire indéniable. Cependant, elle ne suffit pas à compenser une saison estivale financièrement difficile pour de nombreux commerçants locaux, qui constatent une baisse significative des dépenses des vacanciers.

Une affluence record mais des dépenses en baisse

David Calmarini, directeur du parc d'attractions Funnyland, observe que les parkings sont pleins les mercredis soirs, mais que les clients dépensent moins. « D'une manière générale, les gens dépensent beaucoup moins qu'avant », explique-t-il. Il n'a jamais connu un mois de juillet aussi maigre, et son père non plus. « Les gens viennent surtout à la plage, et ils repartent après. Les années précédentes, il y avait la queue à mon guichet dès 18 h. Ça se vidait une demi-heure avant le feu, et ça revenait après… Là, regardez, il n'y a personne… La vie est chère : l'essence, les locations, les courses, et puis cette chaleur… », se désole-t-il.

Malgré tout, les feux d'artifice restent une aubaine. « Oui, c'est bien le mercredi que je fais mon meilleur chiffre. Heureusement qu'il y a M. Lelièvre », salue le patron de cette institution des Sablettes. Un avis partagé par Sébastien, associé du restaurant La Piazza : « Ce jour-là, je dirais qu'on fait presque 30 % de chiffre d'affaires de plus qu'un autre jour de la semaine. » Mais il craint que cela ne suffise pas à compenser la baisse d'activité inédite constatée depuis le début de la saison.

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Des habitudes de consommation qui changent

Les vacanciers privilégient les pique-niques et les repas à la location plutôt que les restaurants. Un commerçant du marché nocturne observe : « Cette année à cause du pouvoir d'achat, les gens baladent, mais ils ne dépensent pas. » Il ajoute : « C'est conjoncturellement calme. C'est une question de pouvoir d'achat. Les vacanciers qui sont partis début juillet en profitant de la baisse des carburants, et qui voient au milieu de leur séjour la reprise des conflits iraniens, avec l'augmentation que ça engendre et la douloureuse qu'ils vont prendre sur le retour, forcément, ils font gaffe… »

Certains commerçants s'en sortent mieux, notamment ceux qui vendent des « petits plaisirs » accessibles comme les glaces, les sandwichs ou les boissons en terrasse. Un gérant de bar témoigne : « On a moins de monde, c'est une réalité. On le sent bien avec le phénomène des remontées de plage, en fin de journée ou en début de soirée. Mais on a quand même une baisse plus soutenue que d'autres commerçants, car boire un verre en terrasse, ça reste accessible… Les familles s'autorisent plus facilement des petits plaisirs comme une glace, une douceur ou un sandwich, bien plus qu'un restaurant. En tout cas, les feux d'artifice font du bien à tout le monde. »

Une initiative privée devenue incontournable

Stéphane Lelièvre est à l'origine de ces feux d'artifice depuis cinq ans. L'idée est née en 2021, à la sortie du Covid, alors que les animations étaient au point mort. « L'État interdit aux collectivités publiques d'organiser des événements, mais pas aux privés. Je propose donc à la mairie d'offrir des feux pour faire bouger La Seyne-sur-Mer, quand autour tout est immobile », raconte-t-il.

Ces feux sont particuliers : ils sont de 3e catégorie, ne montent qu'à 50 mètres de haut et ne nécessitent qu'une zone de sécurité de 50 mètres. Tirés sur des barges à 300 mètres du bord, ils ne présentent aucun risque d'incendie. Surtout, ils ne génèrent aucune matière non biodégradable : « Pas de métal, ni d'aluminium, seulement du carton », précise Stéphane Lelièvre. Cette technologie est issue de son projet d'écolodge aux Pesquiers à Hyères, où il a obtenu l'Ecolabel européen après deux ans et demi de dossier.

Un impact positif malgré une saison difficile

Pour Jérémie Fickou, qui a ouvert le restaurant Chez Annie sur la promenade Charcot il y a un mois, ces feux sont une bénédiction : « Franchement, on remercie M. Lelièvre. Ces feux, ça crée une vraie dynamique pour les Sablettes et ça met en valeur la ville. C'est un grand monsieur ! »

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Nadia et Romain, un couple de Lillois en vacances au Beausset, illustrent la nouvelle tendance : ils ont apporté une glacière avec des sandwichs, des tomates cerises, deux bières et deux serviettes pour assister au feu. « Tout coûte un bras aujourd'hui, mon pauvre monsieur ! On n'a pas le choix, il faut être raisonnable », soupire Romain. « Alors on s'adapte, on cherche les bons plans, comme ce soir aux Sablettes. Et ça le fait bien, car ma chérie fait de très bons sandwichs ! »

Stéphane Lelièvre, lui, se dit touché par les témoignages de commerçants qui ont parfois triplé ou quadruplé leur chiffre d'affaires lors de ces soirées. Mais il insiste sur l'aspect social : « Quand je promène les soirs de feu, il y a les touristes, mais il y a aussi beaucoup de gens d'ici, dont des familles qui viennent des cités et qui sont heureux de profiter d'un pique-nique sur la plage ponctuée par un joli spectacle gratuit. Et du plus jeune au plus vieux, en passant par le policier municipal ou le pompier, tout le monde a des étoiles dans les yeux. C'est ça qui est génial. Et c'est uniquement pour ça que je continue. »