Alors qu'Emmanuel Macron et Giorgia Meloni se rencontrent jeudi 25 juin 2026 à Antibes pour un sommet franco-italien, cinq ans après la signature du traité du Quirinal, le regard se tourne vers Luisa Delpiano Inversi, fondatrice de Pasta Piemonte à Menton, qui incarne au quotidien les liens entre les deux pays.
Une Italienne amoureuse de la Côte d'Azur
« Je suis une Italienne amoureuse de la Côte d'Azur », déclare Luisa Delpiano Inversi. « J’ai entretenu des liens très forts avec la France dès l’enfance grâce à ma famille installée dans le Var. Ils avaient émigré pour travailler la terre. Ils ont bossé comme des malades mais ont fini par faire fortune. » Un cousin de sa mère était apprenti boulanger à Tende ; lors du rattachement de la commune à la France en 1947, il a choisi de rester français plutôt que de partir.
« Moi, je n’ai jamais vu la frontière, mais une communauté », assume-t-elle. Elle se réjouit du traité du Quirinal, qui « donne un cadre plus stable à la relation franco-italienne. Cela fait 13 ans que je suis entrepreneur, et je n’avais jamais entendu parler de projets transfrontaliers jusqu’à il y a trois ans. »
Un panettone pour le président français
Luisa fait vivre le lien franco-italien de manière concrète, notamment par l’art culinaire. Lors du salon international de l’agrume à Menton en 2024, elle a rencontré Guillaume Gomez, représentant personnel du président de la République pour la gastronomie. « Je lui avais promis que quand j’aurais produit mes premiers panettones au citron de Menton, je lui en enverrais deux – dont un pour M. Macron », raconte-t-elle. Le chef lui a plus tard avoué qu’il ne mangeait pas de panettone d’habitude, mais que pour cette version mentonnaise, il s’était battu pour la dernière tranche avec sa femme.
« On prépare la crème ici, avec du citron de Menton, puis on l’amène à Turin pour la confier à un “panettonista” qui fait ça depuis 60 ans. J’aime ce lien mentounasc-turinois pour créer un produit », commente-t-elle.
Un engagement associatif au-delà des frontières
Luisa a reçu de nombreux témoignages de confiance en France. « J’ai été élue à la chambre des métiers. Et je suis secrétaire de l’Association pour la promotion du citron de Menton… alors que je n’ai pas d’arbre et que je ne suis pas Française ! », s’étonne-t-elle avec fierté. Son parcours illustre la richesse des échanges transfrontaliers que le traité du Quirinal entend renforcer.



