Double enquête après le suicide d'un jeune victime de harcèlement raciste en Isère
Double enquête après suicide d'un jeune harcelé pour racisme

Le parquet de Vienne (Isère) a annoncé ce lundi 20 juillet l'ouverture de deux enquêtes suite au suicide de Joris, un jeune homme de 21 ans, survenu le 13 juillet à Châtonnay. La première enquête vise à déterminer les causes de la mort, tandis que la seconde fait suite à une plainte déposée par les parents de la victime pour harcèlement moral et provocation au suicide, a indiqué le procureur Olivier Rabot, sans fournir davantage de détails à ce stade.

Des insultes racistes répétées depuis des années

Selon l'avocate de la famille, Me Elise Rey-Jacquot, Joris subissait depuis plusieurs années des humiliations et des insultes à caractère raciste de la part de jeunes du village, notamment des membres de l'équipe locale de rugby. L'avocate a évoqué un incident où le jeune homme aurait été contraint de porter un t-shirt avec l'inscription "DZ PAGU" dans le dos, signifiant selon elle "Algérien paysan".

L'oncle de la victime a confié à France 3 Alpes : "On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe. Il commençait même à être complexé, et disait à son père qu'il regrettait sa peau mate. Il tenait sa couleur de peau de sa mère, qui est ma sœur. Nous sommes des Français d'origine algérienne."

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Un appel à témoins lancé par la famille

La famille a également lancé un appel à témoins pour recueillir des informations sur une fête dans le village voisin de Saint-Jean-de-Bournay, à laquelle Joris avait participé peu avant son suicide. Selon l'avocate, "il était revenu extrêmement chamboulé, parce qu'il aurait été victime d'insultes de la part de ce groupe. Et surtout, on a eu un témoignage récent suite à l'appel à témoins disant qu'il y aurait été mis à nu et humilié."

SOS Racisme apporte son soutien

L'association SOS Racisme a réagi dans un communiqué, affirmant vouloir apporter "toute l'aide juridique, humaine et militante" dont la famille de la victime pourrait avoir besoin. L'association déplore une "banalisation" de la parole raciste et estime que "ce drame n'est pas un simple fait divers".

Demande d'enquête extérieure

Me Rey-Jacquot a indiqué avoir demandé au procureur de Vienne de confier ce dossier à une unité d'enquête extérieure, estimant que l'enquête menée par la gendarmerie locale ne peut être objective, car dans ce petit village, les enquêteurs sont susceptibles de connaître les personnes mises en cause.

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