Plus de 2.000 caméras : un centre départemental de vidéoprotection bientôt attendu dans les Alpes-Maritimes. Le Département des Alpes-Maritimes et seize communes devraient lancer en septembre 2026 le Centre départemental de supervision à Nice. Un dispositif, épaulé par l’intelligence artificielle, pour traquer incivilités et petite délinquance.
Un centre pour mutualiser la surveillance
Dépôts sauvages d’encombrants, vols de jardinières ou petits larcins dans les commerces et les résidences secondaires... Les petites communes azuréennes font face à une délinquance du quotidien. Si l’outil vidéo s’est démocratisé sur le territoire, une problématique demeure : qui pour visionner les images la nuit ou les extraire techniquement pour faire avancer les enquêtes de gendarmerie ? Bien souvent, s’ils existent, les centres de supervision ferment leurs portes à une certaine heure, faute de moyens humains, et les mairies peinent à répondre aux réquisitions judiciaires par manque de personnel technique.
« Un syndicat mixte est en cours de création », indique Charles Ange Ginésy, président du Département. L’objectif ? « Mutualiser la surveillance grâce à un centre départemental de vidéoprotection, pensé tout particulièrement pour les communes de moins de 40.000 habitants et celles situées en zone de gendarmerie », développe-t-il. Le projet, hébergé au Centre administratif départemental des Alpes-Maritimes (Cadam), s’appuie sur une technologie de pointe.
L’IA au service de la sécurité
Kelyan Ali Mokhnache, chef du service sécurité prévention au Département, précise l’organisation : « Nous aurons des opérateurs 24h/24 sur ce site, formés et agréés. Nous aurons l’aide d’un outil d’analyse d’intelligence artificielle qui va permettre d’identifier les besoins selon les cas d’usage. » Concrètement, l’intelligence artificielle analysera les flux pour faire remonter des alertes sur le logiciel de supervision. Dix-sept cas d’usage ont été paramétrés : dépôts sauvages, départs de feu, affluence de personnes, individu au sol ou encore véhicule à l’arrêt. L’IA ne surveillera pas tout en permanence, ce sera à l’opérateur de l’activer selon l’utilité de chaque caméra.
Les opérateurs du centre pourront pousser les images en direct vers le Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie (CORG) en cas d’incident. Une aide technologique et humaine qui devrait permettre aux militaires, par recoupement, d’identifier plus facilement le parcours des auteurs de délits.
Un investissement d’1,7 million d’euros
Pour démarrer, le centre connectera plus de 250 caméras issues des 16 communes membres fondatrices. Mais l’ambition de ce maillage territorial est bien plus vaste. Le président du Département table sur une adhésion rapide de « 70 à 80 communes », précisant qu’« une trentaine d’entre elles a déjà pré-adhéré ». À terme, une partie des 1.800 caméras propres au Département (900 autour des bâtiments de la collectivité, 900 autour des collèges) pourrait également être intégrée au dispositif ainsi que les 250 caméras du réseau routier départemental.
Financièrement, cet équipement représente un investissement d’1,7 million d’euros, assorti d’un budget de fonctionnement annuel estimé à 500.000 euros. Un coût assumé. « C’est reposant de pouvoir dire : “On a une supervision 24h/24, 7j/7 et 365 jours par an.” C’est un service que les maires ne peuvent pas espérer chez eux », se réjouit Charles Ange Ginésy.
Un cadre légal strict
Toutefois le cadre légal reste strict. Comme le rappelle l’un des responsables du projet, si la technologie peut aller très loin, la loi dicte les règles : « L’IA va permettre de détecter des situations uniquement à des fins statistiques pour le moment. Le Département ne stockera aucune image vidéo en son sein pour protéger la donnée. » Seul un historique informatique des événements sera conservé, tandis que les vidéos resteront stockées dans les serveurs de chaque commune pour une durée maximale de 30 jours.
Liste des communes fondatrices : Breil-sur-Roya, Le Broc, Cap-d’Ail, Castillon, Châteauneuf-Villevieille, La Croix-sur-Roudoule, Guillaumes, Isola, Roquebillière, Saint-Auban, Saint-Blaise, Saint-Etienne-de-Tinée, Saint-Martin-Vésubie, Tourrette-Levens, Valderoure, Tende.



