Dans un entretien accordé à Libération, Johanna Rolland, maire de Nantes, a plaidé pour la mise en place d'un service de renseignement dédié exclusivement à la lutte contre le narcotrafic. Selon elle, les structures actuelles, bien que compétentes, ne sont pas suffisamment outillées pour faire face à l'ampleur et à la sophistication des réseaux criminels.
Une proposition forte face à une menace grandissante
La maire socialiste estime que le narcotrafic est devenu une menace pour la sécurité publique, comparable au terrorisme en termes de méthodes et de ressources. Elle souligne que les trafiquants utilisent des technologies de pointe et des réseaux internationaux, ce qui nécessite une réponse adaptée.
« Il faut un service de renseignement dédié, qui puisse coordonner les actions entre les différentes polices, la douane et les services de renseignement », a-t-elle déclaré. Elle insiste sur la nécessité de mutualiser les informations et de créer une cellule spécialisée, capable d'anticiper les flux de drogue et de démanteler les organisations.
Un appel à l'État
Johanna Rolland appelle l'État à agir rapidement, en débloquant des moyens supplémentaires pour les forces de l'ordre et en renforçant la coopération judiciaire. Elle propose également que les maires soient associés à cette lutte, en tant que premiers interlocuteurs des citoyens.
Cette proposition intervient dans un contexte de hausse des violences liées au trafic de stupéfiants à Nantes et dans d'autres grandes villes françaises. La maire espère que le gouvernement prendra en compte cette initiative pour renforcer la sécurité sur l'ensemble du territoire.
Une position qui fait débat
Si certains élus locaux saluent cette initiative, d'autres s'interrogent sur la faisabilité et l'efficacité d'un tel service. Des experts en sécurité soulignent que la création d'une nouvelle structure pourrait entraîner des doublons et des lourdeurs administratives. Cependant, pour Johanna Rolland, l'urgence de la situation justifie une action forte et innovante.
La maire de Nantes compte porter ce sujet lors des prochaines réunions avec le ministre de l'Intérieur, dans l'espoir de voir aboutir cette proposition dans les mois à venir.



