Pour éviter les dérapages, limiter les nuisances et mieux sécuriser les rassemblements musicaux non déclarés et les rodéos motorisés urbains, trois sénateurs, dont Hussein Bourgi (PS, Hérault) et Lauriane Josende (LR, Pyrénées-Orientales), ont formulé 28 propositions. En 2025, 337 raves ont été recensées en France, rassemblant plus de 100 000 participants. Parallèlement, les rodéos motorisés urbains explosent : ils ont doublé en six ans.
Des nuisances multiples
Hussein Bourgi souligne que ces rassemblements illégaux sont constitutifs de nuisances, pas uniquement sonores. Des éleveurs témoignent de baisses de rendement laitier en raison du stress des animaux causé par l'agitation et les basses fréquences. Des touristes en Occitanie demandent le remboursement de leurs séjours en gîtes ou maisons d'hôtes, car ils viennent pour se reposer.
Chiffres clés
En 2025, les forces de l'ordre ont compté 337 raves en France, principalement en Occitanie, en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Bretagne, avec plus de 100 000 participants. Le nombre de raves diminue, mais leur ampleur augmente, avec l'arrivée de participants des pays voisins comme l'Italie ou l'Espagne, où les législations sont devenues plus sévères.
Vers une interdiction généralisée
L'Hérault a fait figure de précurseur en 2025 avec une interdiction générale de tout rassemblement musical non déclaré, mesure reconduite et adoptée dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Les sénateurs souhaitent généraliser cette approche. Hussein Bourgi rappelle que ces rassemblements doivent s'inscrire dans la légalité, et qu'ils sont marqués par la consommation d'alcool et d'autres substances, ainsi que par des violences sexuelles et sexistes.
Rodéos urbains en hausse
Isabelle Florennes (UC, Hauts-de-Seine) indique que les rodéos urbains ont plus que doublé en six ans, avec 4 724 rodéos constatés en 2025 et 38 500 interventions des forces de l'ordre en 2024, soit une tous les quarts d'heure.
Technologies de pointe
Les sénateurs préconisent l'utilisation de drones pour la gestion des risques, évitant les courses-poursuites dangereuses. Lauriane Josende souligne la nécessité d'infiltrer les messageries cryptées utilisées par les organisateurs. La vidéosurveillance algorithmique, assistée par intelligence artificielle, est également recommandée. Testée lors des JO de Paris 2024, son expérimentation a été prolongée jusqu'à fin 2027. L'IA pourrait repérer automatiquement des événements atypiques, comme l'utilisation d'un deux-roues sur la roue arrière, et alerter un agent humain. La reconnaissance faciale n'est pas envisagée à ce stade.
Sanctions renforcées
La mission propose de réduire le seuil de déclaration obligatoire de 500 à 250 participants, et de créer un délit pour les organisateurs de raves non déclarées, avec confiscation du matériel, du véhicule et suspension du permis de conduire. Les préfets pourraient se porter partie civile pour réclamer le remboursement des frais de sécurité. Pour les rodéos urbains, y compris de tuning ou de run, la saisie et la destruction des véhicules seraient possibles, et la peine d'emprisonnement pour les organisateurs pourrait atteindre trois ans.
Projet de loi Ripost
Plusieurs de ces propositions figurent dans le projet de loi Ripost, proposé par le ministre de l'Intérieur, qui doit être débattu au Sénat en mai. Isabelle Florennes insiste sur le fait que la simple participation à une rave ou à un rodéo ne doit pas devenir un délit, mais l'organisation de tels rassemblements devrait l'être, permettant des méthodes d'enquête plus efficaces comme les écoutes téléphoniques et les surveillances physiques.



