Aviron Bayonnais - Girondins : le match de la boue en 2004 ressurgit
Aviron Bayonnais - Girondins : le match de la boue en 2004

Ce samedi soir, l’Aviron Bayonnais reçoit les Girondins de Bordeaux au stade Jean-Dauger, dans un match qui ravive des souvenirs mémorables. La dernière confrontation entre ces deux équipes dans cette enceinte remonte à 2004, en Coupe de France, un match devenu légendaire pour ses conditions météorologiques extrêmes et son issue héroïque pour les Bayonnais.

Le match de la boue : retour sur une épopée

Le 23 janvier 2004, la pluie tombe sans discontinuer sur le Pays basque depuis plusieurs jours. L’Aviron Bayonnais, alors en CFA, reçoit les Girondins de Bordeaux, pensionnaires de Ligue 1, en seizièmes de finale de la Coupe de France. Le stade Jean-Dauger ne dispose alors que d’une seule tribune couverte, et le terrain est loin des standards actuels, comparable à un champ de boue. L’arbitre Claude Colombo, malgré les protestations de l’entraîneur bordelais Michel Pavon, décide de maintenir la rencontre, diffusée en direct sur Eurosport. Le test du ballon roulant sur la pelouse est jugé positif, au grand soulagement des Bayonnais, qui espèrent que le terrain lourd freine les joueurs de Ligue 1.

Le match se déroule dans des conditions apocalyptiques : les joueurs peinent à courir, le ballon reste souvent coincé dans la boue. Après un score nul à l’issue du temps réglementaire, la prolongation est nécessaire. À la 118e minute, Frédéric Bernaleau inscrit un coup franc direct, après que Vincent Ipharraguerre a préparé un tas de boue pour poser le ballon. Le but est magnifique, et les 9 000 spectateurs, sous leurs parapluies, explosent de joie. Bayonne l’emporte 1-0 et se qualifie pour les huitièmes de finale, une première historique.

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Les souvenirs de Manu Mérin, ancien président

Manu Mérin, président de l’Aviron à l’époque, se remémore cette soirée avec émotion. « C’était limite-limite, ce n’était pas jouable, mais ça nous arrangeait bien », confie-t-il. Il raconte les tensions dans les vestiaires à la mi-temps : les Girondins, furieux, ne voulaient pas reprendre le match, mais l’arbitre resta inflexible. « Michel Pavon n’avait pas été tendre, et l’arbitre lui répondait : plus tu gueules, plus tu vas jouer. Nous, on se gardait bien de réagir. »

Le but victorieux reste gravé dans sa mémoire : « Un tas de boue pour poser le ballon, un coup franc en pleine lucarne, et une joie extraordinaire. Je revois les joueurs faire un Paquito géant dans la boue le long de la ligne de touche. » Après le match, la fête s’est prolongée à la peña Txuri-Urdin, rue des Basques à Bayonne, une nuit d’allégresse inoubliable.

Un contexte bien différent pour 2025

Vingt-deux ans plus tard, le contexte est tout autre. Les deux clubs sont désormais en lice pour la montée, et l’enjeu sportif est élevé. Rio Mavuba, qui jouait ce jour-là pour Bordeaux, est désormais sur le banc des Girondins comme entraîneur. Manu Mérin sera présent, son petit-fils jouant avec les U18. Il se réjouit de la belle saison de l’Aviron. La météo annonce 75 % de précipitations, mais rien de comparable à l’épopée de 2004.

Cette rencontre reste l’un des plus grands souvenirs du club bayonnais, un moment de grâce dans la boue qui a marqué l’histoire du football amateur français.

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