Le maire de Millau, Christophe Saint-Pierre, a annoncé ce mardi 23 juin, lors d'une conférence de presse, l'armement prochain de la police municipale. Les agents seront dotés de pistolets semi-automatiques de calibre 9 mm, classés en catégorie B1. Cette décision, prise trois mois après son arrivée à la tête de la ville, était un engagement de campagne, bien que non prioritaire dans les 15 mesures initiales.
Une procédure déjà engagée
La préfecture a été saisie dès le 3 mai. Les agents ont déjà passé des visites auprès d'un psychosociologue et d'un psychiatre à Montpellier il y a quinze jours. Des examens médicaux supplémentaires vérifieront leur aptitude. Si les résultats sont concluants, une formation pourrait débuter dès octobre. "Une enquête de moralité doit également être faite par les services de l'État", précise le maire.
Une mesure rare en zone rurale
En Aveyron, la ville de Rodez envisage aussi d'armer sa police municipale, suivant la volonté du nouveau maire Stéphane Mazars. Selon un rapport de la Cour des comptes de 2020, les communes rurales arment très peu leurs agents : moins de 20 dans l'Ariège, le Cantal, la Creuse ou le Gers, contre 90 % dans les départements méditerranéens. "Les communes urbaines ayant fait ce choix se situent dans l'arc méditerranéen, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Hauts-de-France", note le rapport.
L'opposition de gauche critique
Emmanuelle Gazel, figure de l'opposition de gauche, s'étonne de la rapidité de la décision : "Est-ce qu'il y avait une urgence ? Nous avons une autre vision de la police municipale, avec un rôle de proximité, davantage portée sur les questions de salubrité et de vivre ensemble. Avec l'armement, il y a un glissement des fonctions qui s'éloignent de ces missions. À Millau, aucun chiffre factuel ne justifie cette mesure. Je regrette qu'on ne parle pas de prévention quand on parle de sécurité." Dalila Belaid-Artis, du groupe "Alternative de gauche", a souhaité prendre le temps de la réflexion avant de réagir.



