La justice portugaise a rejeté, mercredi 23 juin, la demande d'extradition de la mère des trois enfants abandonnés à Lisbonne en mai dernier. Cette décision, rendue par le tribunal de première instance de Lisbonne, s'appuie sur l'état de santé mentale de la femme, qui souffre de troubles psychiatriques sévères.
Une décision fondée sur des expertises médicales
Selon l'avocat de la mère, Me João Pedroso, « les expertises psychiatriques ont clairement établi que son état nécessite des soins continus et qu'un transfert vers la France aggraverait sa pathologie ». La femme, âgée de 34 ans, avait été placée en détention provisoire après avoir abandonné ses trois enfants, âgés de 2, 4 et 6 ans, dans un hôtel du centre de Lisbonne le 14 mai 2026. Les enfants avaient été retrouvés par le personnel de l'établissement, sains et saufs.
Les réactions des autorités françaises
Le parquet de Paris, qui avait émis un mandat d'arrêt européen, a indiqué qu'il « prend acte de la décision portugaise » et qu'il « examinera les voies de recours possibles ». De son côté, le ministère français de la Justice a rappelé que « la priorité reste la protection des enfants, qui sont désormais pris en charge par les services sociaux portugais ». Ces derniers ont confirmé que les trois enfants sont « en bonne santé et suivis psychologiquement ».
Les motifs de l'abandon
L'enquête a révélé que la mère, de nationalité française, avait fui la France après une séparation conflictuelle avec le père des enfants. Selon des sources proches du dossier, elle souffrait d'une dépression sévère et n'avait plus les moyens de subvenir aux besoins de ses enfants. « Elle a agi sous l'emprise d'un désespoir profond », a déclaré son avocat. Les autorités portugaises ont souligné que l'abandon n'était pas prémédité et que la mère avait laissé des instructions pour que les enfants soient rapidement retrouvés.
Les conséquences juridiques
La décision portugaise signifie que la mère restera détenue au Portugal, où elle sera jugée pour abandon d'enfants. La peine encourue est de un à cinq ans d'emprisonnement. Parallèlement, la France pourrait engager une procédure de reconnaissance de la décision portugaise pour éviter un double jugement. Les enfants, quant à eux, pourraient être confiés à la garde du père, qui réside en France, si les services sociaux portugais l'estiment approprié.
Un précédent judiciaire
Cette affaire rappelle le cas de l'abandon d'enfants par une mère française en Espagne en 2023, qui avait également donné lieu à un refus d'extradition pour des raisons de santé mentale. Les experts juridiques estiment que cette décision pourrait créer un précédent dans les relations franco-portugaises en matière de coopération judiciaire.



