Le ministre de l'Intérieur, Sébastien Lecornu, a appelé ce mercredi à un « changement d'échelle » dans la réponse au narcotrafic en France, lors d'une visite à Marseille. Il a souligné la nécessité d'adapter les moyens des forces de l'ordre face à l'ampleur du phénomène, qui gangrène de nombreux quartiers.
Des moyens renforcés
Lecornu a annoncé le déploiement de 200 enquêteurs supplémentaires dédiés aux affaires de stupéfiants, ainsi que la création de 10 nouvelles compagnies de CRS spécialisées. Ces renforts visent à accroître la pression sur les réseaux de trafiquants, en particulier dans les zones les plus touchées comme les Bouches-du-Rhône, le Nord ou la région parisienne.
Le ministre a également insisté sur l'importance de la coopération entre les différents services : police nationale, gendarmerie, douanes et justice. Il a évoqué la mise en place de cellules de coordination interdépartementales pour mieux mutualiser les renseignements et les opérations.
Une réponse judiciaire plus ferme
Sur le plan judiciaire, Lecornu a plaidé pour un durcissement des peines contre les trafiquants, notamment par l'extension de la comparution immédiate et la création de tribunaux spécialisés dans le narcotrafic. Il a également proposé de renforcer les mesures de confiscation des biens issus du trafic, afin de frapper les organisations criminelles dans leurs avoirs.
Le ministre a reconnu que la situation est préoccupante, avec une hausse de 15% des saisies de cocaïne et de 20% des saisies d'herbe de cannabis en 2024. Il a promis des résultats concrets dans les mois à venir, tout en appelant à une mobilisation de l'ensemble de la société, y compris des parents et des éducateurs, pour prévenir l'entrée des jeunes dans la délinquance.
Cette annonce intervient alors que le gouvernement fait face à des critiques sur son action en matière de sécurité, notamment de la part de l'opposition qui dénonce une insécurité croissante. Lecornu a réaffirmé la détermination de l'exécutif à lutter sans relâche contre ce fléau.



