Lamp : l'appli qui mobilise les citoyens contre le vol de voitures
Lamp : l'appli citoyenne contre les vols de voitures

Un outil à disposition de la population : deux Montpelliérains lancent un site qui recense les voitures volées et aide à les retrouver

Au salon national de la police municipale de La Grande-Motte, mercredi, deux Montpelliérains, policiers nationaux, ont présenté leur application appelant tout un chacun à aider à retrouver les véhicules volés en France. Explications.

Comment tenter de retrouver rapidement sa voiture quand elle a été volée, un phénomène qui se reproduit toutes les quatre minutes en France ? Et qui, s’il n’y a pas eu de violence, ne fait désormais plus l’objet d’une enquête systématique par les forces de l’ordre, submergées par quatre millions de délits divers à traiter chaque année et donc obligées de prioriser.

Deux Montpelliérains ont lancé, voilà un an, l’application Lamp qui aide les victimes à retrouver leur véhicule en comptant sur la vigilance et la solidarité de tout un chacun. Et ce, en à peine deux coups de scan. Ces deux policiers nationaux savent de quoi ils parlent, forts de leur expérience.

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"Nous, policiers, on ne le savait pas !"

"Je travaillais en brigade anticriminalité à Paris et sur le terrain, nous n’étions pas informés des vols de voiture sur notre secteur… Et puis en poste à Montpellier, on a lu dans Midi Libre le cri d’alerte d’une maman parce que sa fille handicapée s’était fait voler sa voiture aménagée, elle appelait à l’aide et nous, policiers, on ne le savait pas !", rembobine Cyril, présentant son innovation, mercredi, au salon national de la police municipale de La Grande-Motte (Hérault).

"Moi, je travaillais sur un gang régional de voleurs de voitures. Ils venaient les déposer dans des quartiers résidentiels près de Montpellier, pour les laisser au moins trois jours et voir si elles étaient “trackées”, avant de les récupérer", raconte de son côté David. "Le voisinage s’étonnait mais n’osait pas appeler la police de peur de déranger pour rien."

Comment fonctionne Lamp ?

D’abord, chaque victime inscrit son véhicule volé sur l’application qui diffuse l’information et tous les "veilleurs", les utilisateurs de Lamp, reçoivent une alerte avec le modèle, le lieu du vol, mais aussi une partie de la plaque d’immatriculation, le numéro d’identification ou les huit caractères gravés sur la vitre. Grâce à leur téléphone portable, tous les abonnés peuvent scanner les voitures qu’elles pensent correspondre ou simplement suspectes. Et si ça "matche", police ou gendarmerie sont ensuite aussitôt prévenues.

"On est fort dans la réactivité, dès que le vol est commis. Les victimes doivent aussi attester de leur dépôt de plainte dans les 48 heures", précise Cyril. "C’est un outil mis à la disposition de la population, n’importe qui peut aider à retrouver un véhicule volé. Mais attention, le but n’est pas de scanner à tout bout de champ, mais d’être attentif face à un véhicule qui n’a pas bougé depuis plusieurs jours, etc."

Un système de récompense

Pour dynamiser encore plus l’application, un système de récompense à l’entraide est mis en place. Et si l’automobile est retrouvée, une participation de 300 € est demandée pour couvrir les frais de fonctionnement, l’alerte, les vérifications, etc. "On n’en vit pas, nous sommes bénévoles", rappellent les deux policiers.

Seulement 40 % des véhicules volés sont retrouvés

L’enjeu est de taille à l’aune des chiffres des véhicules volés : 125 000 en France en 2025, dont plus de 10 000 en Occitanie, dont presque 4 500 dans le Gard et l’Hérault, avec seulement 40 % qui sont retrouvés. Les systèmes de géolocalisation ou de sécurité sont facilement déjoués. "En quelques secondes, la voiture est volée", rappellent les policiers.

Pour l’heure, 700 "petites annonces" ont été passées, et une cinquantaine de voitures déjà retrouvées partout en France. "Ce n’est pas assez, mais on débute et cela montre que ça fonctionne", disent ceux qui mettent aussi en ligne les vélos, dont un est dérobé chaque minute en France.

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La question des données personnelles a été validée juridiquement et Lamp ne se veut pas une concurrence "privée" des forces de l’ordre qui possèdent leur fichier national des véhicules volés, parfois incomplet. "Nous, c’est un fichier pour tout le monde, pour aider les victimes à récupérer leur bien en invitant les gens à être vigilants pour les autres et compliquer le travail des voyous ! On donne les bonnes infos, aux bonnes personnes, au bon moment", disent encore les créateurs de Lamp.

Les drones en stars des innovations au salon de la police municipale

La dixième édition du Salon national des polices municipales a rassemblé un millier de personnes à La Grande-Motte mercredi. Outre le débat sur les nouvelles prérogatives des agents (30 000 à l’horizon 2027), 75 stands ont présenté des innovations. Comme les simulateurs d’intervention dernier cri ou encore les drones que pourraient utiliser les municipaux si la future loi les y autorise. La société Rivolier développe un gros-porteur capable de thermographie pour détecter de l’humain au milieu de la végétation et une "matrice 4TD" qui planifie les missions et les déclenche, pour la régulation du trafic ou surveiller une zone permettant, avec l’IA, le calcul du nombre de personnes.

Amendes délictuelles, fichiers : de nouveaux pouvoirs pour les policiers municipaux ?

Prolongation du Beauvau de la police municipale lancé il y a deux ans, le projet de loi élargissant les prérogatives de la troisième force de sécurité du pays a déjà fait la navette parlementaire. Il devait être voté avant l’été, mais l’Assemblée nationale vient de renvoyer son examen à l’automne. Que prévoit-il ? "Des qualifications judiciaires renforcées", a rappelé Jean-Michel Weiss, directeur de la police municipale de La Grande-Motte, lors de la conférence sur le sujet organisée mercredi par le CNFPT. Notamment consulter certains fichiers et surtout la possibilité de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD), pour usage de stupéfiants, vol, vente à la sauvette, harcèlement sexuel… "Gendarmerie et police nationale sont accaparées par le narcotrafic et les violences intrafamiliales, il faut que la police municipale soit une véritable force de sécurité intérieure", a défendu le procureur d’Alès, Abdelkrim Grini. Mais la question de la valorisation va se poser. "On comprend que l’État veuille décharger la police nationale de certaines prérogatives mais comment va-t-on payer nos agents ? Le Sénat avait voté que le produit des AFD aille aux communes, mais l’Assemblée l’a enlevé", a déploré Sébastien Cote, premier adjoint, élu à la sécurité à Montpellier.