La justice administrative a validé, le 7 août 2026, la fermeture pour une durée de six mois d'une mosquée située à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Cette mesure, prise par le préfet, visait à sanctionner l'établissement pour ses activités jugées contraires aux valeurs de la République, notamment la promotion de la violence et des actes de terrorisme.
Une décision rendue par le tribunal administratif de Montreuil
Le tribunal administratif de Montreuil a rejeté le recours déposé par l'association gestionnaire de la mosquée, qui contestait la fermeture administrative. Selon le tribunal, les éléments fournis par les services de l'État démontraient que des prêches et des propos tenus dans l'enceinte de la mosquée appelaient à la haine et à la violence, en violation de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République.
La décision du tribunal s'appuie sur des rapports de renseignement et des écoutes qui ont mis en évidence des discours radicaux tenus par certains intervenants. Le tribunal a estimé que la mesure de fermeture était proportionnée au regard de la gravité des faits et nécessaire à la préservation de l'ordre public.
Une mosquée sous surveillance depuis plusieurs mois
La mosquée, située dans le quartier de la Rose-des-Vents, était connue des services de renseignement depuis plusieurs années. Elle avait déjà fait l'objet d'une surveillance renforcée et de perquisitions dans le cadre d'enquêtes liées à l'islamisme radical. En 2025, un imam avait été expulsé vers son pays d'origine après avoir tenu des propos appelant au djihad.
Selon des sources proches du dossier, la préfecture de Seine-Saint-Denis avait recueilli des éléments concrets montrant que des personnes fréquentant la mosquée étaient en lien avec des filières de recrutement de combattants pour des zones de conflit. La fermeture a été prononcée en avril 2026, suivie du recours de l'association gestionnaire.
La réaction des autorités et des fidèles
Le préfet de Seine-Saint-Denis, Jacques Witkowski, a salué une décision qui « conforte l'action de l'État contre le séparatisme et le terrorisme ». Dans un communiqué, il a rappelé que « la liberté de culte est un droit fondamental, mais elle ne saurait être utilisée pour propager des idées contraires aux lois de la République ».
De leur côté, les responsables de la mosquée ont exprimé leur déception. « Nous allons faire appel de cette décision. Nous n'avons jamais appelé à la violence, et nous regrettons que des propos isolés aient conduit à la fermeture de notre lieu de culte », a déclaré l'avocat de l'association, Me Karim Achoui.
Un précédent dans la lutte contre le séparatisme
Cette fermeture s'inscrit dans une série de mesures prises par le gouvernement pour lutter contre l'islamisme radical. Depuis 2021, plusieurs mosquées ont été fermées sur le territoire français, notamment à Beauvais, à Marseille ou à Paris. Selon le ministère de l'Intérieur, 23 lieux de culte ont été fermés ou sont sous le coup d'une procédure de fermeture en 2026.
Les associations de défense des libertés publiques, comme le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), ont dénoncé une « dérive autoritaire » et une « stigmatisation des musulmans ». Elles estiment que la fermeture d'un lieu de culte doit rester une exception et que l'État doit privilégier le dialogue avec les responsables religieux.
La fermeture effective jusqu'en octobre 2026
La mosquée restera fermée jusqu'au 12 octobre 2026, date à laquelle la mesure de six mois prendra fin. Les fidèles devront se rendre dans d'autres mosquées de la ville pour pratiquer leur culte. La ville d'Aulnay-sous-Bois compte plusieurs autres lieux de prière, dont la grande mosquée du centre-ville, qui a pris ses distances avec les propos radicaux.Cette affaire relance le débat sur l'équilibre entre la liberté de culte et la lutte contre le terrorisme. Pour le gouvernement, il s'agit d'une mesure indispensable pour protéger la population. Pour les opposants, c'est une atteinte aux libertés fondamentales, qui risque de nourrir le sentiment d'injustice dans les quartiers populaires.
La décision du tribunal administratif de Montreuil est susceptible d'appel devant le Conseil d'État. L'association gestionnaire dispose d'un délai de deux mois pour former un recours. En attendant, la mosquée reste fermée, et les fidèles sont invités à se tourner vers d'autres lieux de culte.



